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Carice Witte : "La Chine parle beaucoup au Moyen-Orient, mais agit peu"
La diplomatie discrète de la Chine reste limitée par une priorité absolue : préserver sa relation stratégique avec les États-Unis.


La Chine aime se présenter comme une puissance de stabilité au Moyen-Orient. Mais selon Carice Witte, cette ambition se heurte aujourd’hui à une limite majeure : Pékin privilégie une diplomatie discrète, prudente, parfois influente, mais rarement décisive. Dans son analyse, la vision d’une Amérique interventionniste face à une Chine silencieuse n’est pas totalement dépassée. Elle reste même pertinente, à condition d’en mesurer les nuances.
La diplomatie chinoise au Proche-Orient, explique-t-elle, repose sur une méthode ancienne : avancer sans bruit, multiplier les relais économiques et politiques, éviter l’exposition militaire directe. Pékin dispose bien d’une influence sur l’Iran, notamment à travers son partenariat stratégique avec Téhéran. Mais cette influence a ses limites. La Chine soutient l’Iran parce qu’il représente, dans la région, l’un des rares États profondément anti-américains. Pour Pékin, cette posture a une valeur géopolitique évidente.
Mais Carice Witte souligne que la Chine n’est pas pour autant prête à payer le prix d’un véritable leadership régional. Elle peut condamner la guerre, appeler au cessez-le-feu, critiquer les violences, mais elle agit peu. Elle n’a pas transformé ses paroles en actes, ni remis en cause ses priorités diplomatiques lorsque ses intérêts plus importants étaient en jeu.
C’est là, selon elle, que se révèle le véritable ordre des priorités chinoises. Malgré les tensions avec l’Iran et la guerre régionale, Pékin donne la priorité absolue à sa relation avec Washington. La rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump, et les rendez-vous prévus entre les deux dirigeants, pèsent davantage que les ambitions chinoises au Moyen-Orient. Autrement dit, la Chine veut apparaître comme un acteur responsable, mais sans se comporter comme un leader mondial prêt à s’exposer.
Sur la question iranienne, Carice Witte est claire : la Chine n’est pas neutre. Elle penche du côté de Téhéran, même si son soutien est devenu moins agressif, notamment depuis les succès militaires israéliens. Mais Pékin reste dans une logique de calcul : soutenir l’Iran sans compromettre ses intérêts majeurs avec les États-Unis.
Quant à une présence militaire chinoise au Moyen-Orient, elle la juge improbable. Pékin dispose d’une base à Djibouti, mais une expansion militaire régionale significative paraît inconcevable. La Chine préfère l’influence sans le risque, la parole sans l’engagement. C’est précisément ce qui rend sa diplomatie visible, mais limitée.