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David Braka : quand l’art devient mémoire et résilience après la guerre
L’artiste et réserviste transforme le deuil et l’expérience de la guerre en œuvres puissantes, donnant un visage, une voix et une histoire aux soldats de Tsahal tombés au combat.


Invité mercredi dans Ça se débat sur i24NEWS, l’artiste peintre et réserviste de Tsahal David Braka a livré un témoignage aussi intime que bouleversant, à la croisée de l’art, du deuil et de la transmission. À l’origine de son projet : la guerre, la perte d’un ami proche tombé au combat et la nécessité vitale de transformer la douleur en création.
Soldat réserviste, David Braka explique avoir commencé à dessiner au sortir des combats, dans un besoin presque instinctif d’« évacuer » ce qu’il venait de vivre. Son premier portrait fut celui de son ami Ben Shelley, un soldat qu’il décrit comme animé par un mantra : être toujours « au cœur du combat ». Un engagement total, jusqu’au bout, qui a profondément marqué l’artiste et donné naissance à un projet de mémoire inédit.
Depuis un peu plus d’un an, David Braka a réalisé quarante portraits de soldats de Tsahal tombés au combat. Chaque dessin est pensé comme un hommage singulier : l’artiste prend le temps d’étudier l’histoire du soldat, d’échanger parfois avec les familles, et d’inscrire sur le portrait une phrase ou un mantra qui incarnait sa personnalité. L’objectif est clair : ne pas laisser ces visages disparaître dans l’anonymat des chiffres et permettre aux vivants de continuer à apprendre de ceux qu’il qualifie de « géants ».
Ces œuvres, que l’artiste prévoit de remettre aux familles, pourraient également faire l’objet d’une exposition. Toutes les familles concernées ont déjà vu les portraits et sont en contact avec lui. Pour David Braka, ce projet n’est pas seulement un geste artistique, mais aussi un devoir moral.
Loin d’être uniquement tourné vers le passé, ce travail a également marqué un tournant dans sa peinture. Après Gaza, ses toiles ont changé : des couleurs plus lumineuses, inédites, presque inattendues ont émergé, notamment dans un grand tableau consacré à Jérusalem. « Il y a clairement un avant et un après », confie-t-il.
À travers ses dessins, David Braka démontre que l’art peut être à la fois un outil de guérison personnelle et un puissant vecteur de mémoire collective, offrant un autre regard sur la guerre — humain, sensible et profondément incarné.