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Dix ans après sa disparition, un hommage exceptionnel au grand rabbin Yossef Haïm Sitruk
À quelques jours de Roch Hachana, sa famille, ses élèves et de nombreux artistes se réuniront au Dôme de Paris pour célébrer son héritage et son message d’unité.


Dix ans après sa disparition, le grand rabbin Yossef Haïm Sitruk continue de marquer profondément plusieurs générations de Juifs de France. Une grande soirée d’hommage lui sera consacrée ce dimanche au Dôme de Paris, en présence de sa famille, de ses élèves et de plusieurs figures de la musique juive et israélienne.
L’événement proposera des témoignages, des images inédites ainsi que de grands moments de chants collectifs. Organisé à quelques jours de Roch Hachana, il entend rappeler le message de transmission, de rassemblement et d’unité porté tout au long de sa vie par l’ancien grand rabbin de France.
Invité d’i24NEWS dans l'émission Ça Se Débat ! présenté par Raphaël Hassine, son fils, le rabbin Yaakov Sitruk, a expliqué pourquoi sa famille avait souhaité organiser un hommage d’une telle ampleur.
« C’était un homme d’une certaine dimension, mais c’était également, et peut-être surtout, un rassembleur », a-t-il déclaré. Yossef Haïm Sitruk avait notamment instauré des cours hebdomadaires suivis par toute une génération et organisé de grands rassemblements communautaires, notamment à l’occasion de Yom Haatsmaout.
« On y retrouvait toutes les franges de la communauté, dans une ambiance particulièrement chaleureuse, autour d’un message très fort », a souligné Yaakov Sitruk.
Au-delà de ses responsabilités religieuses, Yossef Haïm Sitruk avait su rendre le judaïsme accessible à un public très large. Son fils rappelle qu’il aimait raconter son enfance au sein d’une famille tunisienne traditionaliste, chaleureuse et profondément humaine.
Rien ne le destinait alors à devenir rabbin. Sa rencontre avec celle qui allait devenir son épouse lui aurait permis de découvrir un univers religieux qui allait profondément l’inspirer et orienter toute son existence.
« C’était quelqu’un de normal, qui ressemblait finalement à tout le monde », a expliqué Yaakov Sitruk. Cette proximité permettait, selon lui, à chacun de se reconnaître dans son parcours et de comprendre son enseignement.
Ses cours pouvaient ainsi toucher aussi bien des érudits et des pratiquants très orthodoxes que des personnes disposant de peu de connaissances religieuses. « Son message était à la fois très rigoureux, très authentique, mais également très humain et véritablement à la portée de tous », a-t-il ajouté.
Le grand rabbin Yossef Haïm Sitruk accordait une importance particulière à la lutte contre la médisance et mettait régulièrement en garde contre les divisions au sein de la communauté juive.
Dix ans après sa mort, alors que la société israélienne et les communautés juives traversent de profondes tensions, ce message apparaît plus actuel que jamais.
« Chacun va surtout s’occuper de critiquer l’autre plutôt que de proposer des idées intéressantes », a regretté Yaakov Sitruk. « On se dit que c’est dommage qu’il ne soit pas là pour nous apporter sa réponse, parce qu’il avait toujours une perspective originale et savait parler à tout le monde. »
La soirée intervient également dans un contexte d’inquiétude croissante parmi les Juifs de France, nombreux à s’interroger sur leur avenir dans le pays.
Interrogé sur le message que son père aurait pu leur adresser en 2026, Yaakov Sitruk a rappelé la position prudente mais constante de l’ancien grand rabbin concernant l’alyah.
« Il a toujours dit aux Juifs de France de se préparer à éventuellement faire leur alya », a-t-il expliqué. Yossef Haïm Sitruk ne poussait toutefois pas les familles à partir précipitamment et se montrait particulièrement prudent lorsqu’il donnait des conseils personnels.
Son fils rapporte qu’un représentant de l’Agence juive lui avait un jour confié : « Notre meilleur agent, cela a été votre père. » Le grand rabbin savait, selon lui, présenter Israël comme une perspective concrète et réaliste, tout en exprimant sa reconnaissance envers la France, pays dans lequel les Juifs avaient grandi et avaient été accueillis.
La soirée organisée au Dôme de Paris entend ainsi faire revivre la voix et l’enseignement d’un homme qui aura consacré sa vie à rapprocher les différentes composantes du judaïsme français. Un héritage fondé sur la transmission, la responsabilité et, surtout, l’unité.