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Drame à Jérusalem : Dror Even-Sapir dénonce "l’abandon organisé" du monde orthodoxe
Pour l’analyste, cette tragédie met en lumière un système politique qui, au nom d’équilibres de coalition, conduit à un « abandon organisé » des populations orthodoxes.


Le drame survenu dans un jardin d’enfants du quartier orthodoxe de Romema, à Jérusalem, où deux nourrissons ont perdu la vie et une cinquantaine d’autres enfants ont été intoxiqués, dépasse selon Dror Even-Sapir le cadre d’un simple fait divers. Pour l’analyste politique, interrogé sur i24NEWS, cette tragédie révèle un dysfonctionnement structurel profond entre l’État israélien et une partie de la société orthodoxe.
Sans préjuger des conclusions de l’enquête en cours — les secours évoquant à ce stade une possible intoxication liée à des émanations de chauffage — Dror Even-Sapir insiste sur un constat récurrent : la multiplication de catastrophes évitables dans le secteur haredi. Il rappelle notamment la tragédie du mont Meron en 2021, où 45 pèlerins avaient trouvé la mort lors d’un rassemblement massif organisé en violation des normes de sécurité.
Selon lui, la société orthodoxe fonctionne depuis des années comme un « État dans l’État », bénéficiant d’une forme d’extraterritorialité de fait. « Les règles, les lois et les normes de sécurité y sont partiellement suspendues », explique-t-il, en raison d’un accord tacite entre les dirigeants communautaires et le pouvoir politique : autonomie interne contre soutien parlementaire.
Cette « transaction », affirme l’analyste, a un coût humain considérable. Jardins d’enfants non déclarés, établissements surpeuplés, absence de contrôles, pèlerinages sans encadrement, mais aussi carences éducatives profondes : autant de renoncements qui constituent, selon lui, un abandon pur et simple des populations orthodoxes par l’État.
Dror Even-Sapir voit dans certaines nominations gouvernementales récentes l’illustration de ce mécanisme. Il cite notamment l’entrée au gouvernement de figures ouvertement hostiles à la conscription des haredim, au prix d’un affaiblissement supplémentaire de l’autorité de l’État et de ses normes.
Conclusion : « Les premières victimes de ce système ne sont pas les laïcs, mais les orthodoxes eux-mêmes. » Une lecture sans concession, qui replace le drame de Romema au cœur d’un débat politique et sociétal majeur en Israël.