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Fauda saison 5 : Hakim Djaziri dans la peau du « Sinwar de l’Europe »
L’acteur franco-algérien incarne Saïd, le « Sinwar de l’Europe » et principal antagoniste de la saison 5 de Fauda. Un rôle qu’il défend au nom de sa conception de l’art.


Invité de l’émission Défense, présentée par Matthias Inbar sur i24NEWS, Hakim Djaziri est revenu sur son arrivée dans la série israélienne Fauda, son parcours personnel marqué par l’exil et l’islam radical ainsi que les critiques suscitées par sa participation à la cinquième saison.
Acteur, dramaturge, metteur en scène et scénariste, le Franco-Algérien incarne Saïd, présenté comme le « Sinwar de l’Europe » et principal antagoniste de cette nouvelle saison.
Un casting décroché après un long combat
Hakim Djaziri avait initialement postulé pour un rôle secondaire avant que la production ne l’oriente vers celui de Saïd. Il raconte avoir traversé un processus de sélection long et exigeant, organisé dans plusieurs pays.
Lors d’un entretien en visioconférence avec le réalisateur, l’acteur lui affirme connaître intimement le personnage, son idéologie, sa psychologie et ses motivations. Apprenant ensuite que l’équipe se rendrait à Marseille, il insiste pour obtenir une rencontre physique.
« J’ai fait sept heures de train à l’aller et sept heures au retour dans la même journée pour le voir une demi-heure », raconte-t-il. Une prise de risque motivée par sa conviction de pouvoir construire un personnage complexe.
Loin d’avoir hésité à incarner une figure terroriste après le massacre du 7 Octobre, Hakim Djaziri décrit ce rôle comme « du pain bénit pour un acteur ». Il explique avoir regardé trois fois les quatre premières saisons de Fauda et obtenu toutes les garanties humaines et artistiques nécessaires.
Le théâtre comme échappatoire à la radicalisation
L’acteur est également revenu sur son histoire personnelle. Enfant, il fuit avec sa famille la guerre civile algérienne et la décennie noire avant de s’installer dans une cité difficile en France.
Le déclassement social de ses parents, le harcèlement scolaire et le sentiment de rupture avec la société nourrissent progressivement sa colère. Adolescent, il se laisse séduire par les « réponses préfabriquées » proposées par des militants islamistes.
Hakim Djaziri insiste toutefois sur le fait qu’il n’a jamais été djihadiste et n’a jamais fait de mal à quiconque. Sa rencontre avec le théâtre constitue un tournant décisif.
« Le théâtre m’a littéralement sauvé », confie-t-il. Depuis plus de quinze ans, il utilise ses œuvres et ses engagements citoyens pour expliquer les mécanismes conduisant certains jeunes vulnérables vers l’idéologie radicale.
Évoquant les massacres du 7 octobre 2023, l’acteur établit un parallèle avec les violences vécues en Algérie durant son enfance. « Ce que vous avez connu le 7 Octobre, nous l’avons connu en Algérie pendant plus de dix ans », affirme-t-il, évoquant « le même processus et la même horreur ».
Une réponse aux accusations de trahison
Depuis l’annonce de sa participation à Fauda, quelques internautes le qualifient de « traître » pour avoir accepté de jouer dans une production israélienne. Des réactions qu’il affirme désormais accueillir avec distance.
Selon lui, ces critiques restent très minoritaires face aux nombreux témoignages « d’amour, de soutien, de respect et de bienveillance » qu’il reçoit. L’acteur dit rester disposé à dialoguer avec ceux qui cherchent sincèrement à comprendre son choix.
Hakim Djaziri défend une série qu’il juge non manichéenne, capable de s’adresser aux deux camps et d’humaniser les civils palestiniens tout en les distinguant des terroristes.
« Pourquoi aurais-je refusé parce qu’il s’agissait d’une production israélienne ? », interroge-t-il. Refuser par peur des représailles aurait, selon lui, constitué « une insulte » à ses valeurs et à sa conception de l’art.
Père d’une fille de 10 ans, il affirme également vouloir rester cohérent avec l’ouverture au monde qu’il cherche à lui transmettre. « Je n’aurais pas pu la regarder dans les yeux en lui expliquant qu’il n’y a pas de frontières si j’avais moi-même cédé à la peur », conclut-il.