- i24NEWS
- Vu sur i24NEWS
- H, secouriste de combat : "On n'a pas le temps d'avoir peur, seulement de sauver"
H, secouriste de combat : "On n'a pas le temps d'avoir peur, seulement de sauver"
Pour la première fois, elle raconte les blessures visibles… mais surtout les cicatrices invisibles laissées par la guerre.


Depuis le 7 octobre, elle enchaîne les périodes de réserve au sein de Tsahal. Pour des raisons de sécurité, son identité reste confidentielle. Dans l'émission "Défense" sur i24NEWS, "H", secouriste de combat et réserviste, a livré un témoignage rare sur la réalité du front, les blessures invisibles de la guerre et le poids psychologique porté par ceux qui sauvent des vies.
Après plus de deux ans passés sur le terrain, elle confie qu'elle commence seulement aujourd'hui à mesurer ce qu'elle a vécu. « Quand on fait une pause entre deux périodes de réserve, l'adrénaline retombe et on commence à réaliser ce qui s'est passé », explique-t-elle. C'est à ce moment que surgissent les premiers signes de stress post-traumatique.
Au fil des opérations, elle a pris en charge toutes sortes de blessés : victimes de tirs, d'explosions, d'effondrements ou de traumatismes psychologiques. Une réalité bien différente de l'entraînement militaire. « La différence entre la formation et la réalité, c'est que sur le terrain, cela peut arriver plusieurs fois par jour », résume-t-elle.
Face à l'urgence, les émotions sont mises de côté. Même lorsqu'il s'agit d'un camarade connu, le réflexe reste le même : agir. « On doit travailler automatiquement. On soigne, on sauve. On n'a pas le temps de penser à ce que l'on ressent », raconte-t-elle.
Pour H, il n'existe aucune règle face au traumatisme. « Ce n'est pas parce que j'ai vu cent blessés que le cent-unième ne me bouleversera pas. » Chaque intervention laisse une empreinte différente, parfois invisible.
Si elle a choisi de ne pas entretenir de lien avec les soldats qu'elle a sauvés, certains ont tenu à la recontacter, tout comme leurs familles, simplement pour lui dire merci.
Malgré les blessures psychologiques, H garde intacte sa vocation. Si un jour son futur enfant souhaitait devenir secouriste de combat, elle ne l'en empêcherait pas. « Cela me ferait très peur, mais on ne peut pas empêcher un enfant de faire quelque chose de bien. »
Un témoignage bouleversant qui rappelle que, derrière chaque vie sauvée sur le champ de bataille, il y a aussi des femmes et des hommes qui portent en silence les cicatrices de la guerre.