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Hantavirus : le professeur Cyrille Cohen appelle à la vigilance sans céder à l’alarmisme
Le spécialiste insiste toutefois sur un point essentiel : le hantavirus n’est pas un virus à propagation massive comme le Covid-19.


Invité à s’exprimer sur les récents cas de hantavirus, le professeur Cyrille Cohen, directeur du laboratoire d’immunothérapie à l’université Bar-Ilan, a livré une analyse à la fois pédagogique et rassurante de cette infection encore mal connue du grand public. « C’est un virus que l’on connaît depuis plusieurs décennies », rappelle-t-il, précisant qu’il peut provoquer « une fièvre hémorragique, des troubles respiratoires » et présenter, dans ses formes les plus sévères, un taux de létalité élevé, pouvant atteindre « 30 à 40 % » .
Le spécialiste insiste toutefois sur un point essentiel : le hantavirus n’est pas un virus à propagation massive comme le Covid-19. Transmis principalement par les rongeurs — via leurs excréments ou des particules inhalées —, il nécessite un contact indirect mais relativement spécifique pour infecter l’homme. « La majorité des variants ne se transmettent pas d’humain à humain », souligne-t-il, à l’exception notable de la souche dite « Andes », dont la transmissibilité reste néanmoins limitée .
Face aux inquiétudes suscitées par des cas récents, notamment sur un bateau de croisière, Cyrille Cohen tempère toute comparaison avec une pandémie mondiale. « Les cas sont isolés et traçables », explique-t-il, ajoutant que la période d’incubation — pouvant aller jusqu’à huit semaines — permet d’identifier les sources de contamination et de contenir les chaînes de transmission .
Autre élément rassurant : la maladie se manifeste rapidement par des symptômes marqués, proches de ceux d’une grippe sévère. « Contrairement au Covid, où de nombreux porteurs étaient asymptomatiques, ici les patients développent des signes cliniques visibles, ce qui permet de les isoler plus facilement », précise-t-il .
Enfin, concernant les risques liés aux déplacements, notamment l’arrivée d’un navire en Europe, le professeur se veut clair : « Du moment qu’une quarantaine est mise en place et que les contrôles sanitaires sont effectués, le risque est minimal » .
En somme, si le hantavirus demeure une maladie sérieuse, Cyrille Cohen appelle à une approche mesurée : vigilance sanitaire, mais sans céder à une inquiétude disproportionnée.