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L’économie israélienne, un laboratoire accéléré des doctrines économiques
Pour le docteur en économie Fabien Hababou, cette trajectoire unique s’explique par une capacité rare à transformer l’adversité sécuritaire et le manque de ressources en leviers de croissance.


Lors de son intervention, le docteur en économie Fabien Hababou a livré une analyse synthétique et éclairante de l’histoire économique d’Israël, qu’il décrit comme un véritable condensé, en accéléré, des grandes doctrines économiques modernes. Selon lui, ce qui caractérise avant tout l’économie israélienne est sa capacité exceptionnelle d’adaptation et d’intégration de systèmes très différents, parfois opposés, en fonction des contraintes historiques et géopolitiques.
À la naissance de l’État en 1948, Israël s’inscrit largement dans une logique collectiviste. Inspirés des modèles socialistes et communistes, les kibboutzim et les moshavim sont développés sur un mode proche des kolkhozes et sovkhozes soviétiques. Mais, souligne Fabien Hababou, la force d’Israël réside dans sa faculté à ne retenir que les éléments efficaces de ces modèles, en les adaptant à un pays petit, pauvre en ressources et confronté à des défis existentiels.
L’adversité sécuritaire joue alors un rôle central. Confronté dès ses débuts à de multiples ennemis et, plus tard, à des embargos militaires, notamment après 1967, Israël transforme la contrainte en moteur d’innovation. S’appuyant sur les théories de l’économiste Joseph Schumpeter, Fabien Hababou rappelle que l’innovation est le cœur de la croissance économique. En Israël, le secteur militaire devient ainsi un puissant ferment technologique, dont les avancées irriguent rapidement le civil.
Cette capacité à faire passer la recherche fondamentale vers la recherche appliquée, grâce à des circuits courts et réactifs, distingue l’économie israélienne. En quelques décennies, le pays a traversé des phases que d’autres nations européennes ont connues sur plusieurs siècles : du collectivisme au socialisme, puis, à partir des années 1970-1980, à une forme de libéralisme innovant.
Aujourd’hui, Israël s’impose comme une « start-up nation », où l’armement et la haute technologie jouent un rôle de levier comparable, voire supérieur, à celui de la construction ou de l’immobilier ailleurs. Pour Fabien Hababou, l’histoire économique israélienne démontre qu’une adversité permanente peut, paradoxalement, devenir un puissant catalyseur de croissance et d’innovation.