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Mario Stasi (LICRA) dénonce une "grave irresponsabilité" de la Grande Mosquée de Paris
Le président de la LICRA dénonce une faute grave, alerte sur la responsabilité des institutions et rappelle que l’ambiguïté et le silence nourrissent aujourd’hui l’antisémitisme.


Invité mardi soir de l’émission "Ça se débat" sur i24NEWS, Mario Stasi, président de la LICRA, a livré une intervention ferme après la publication d’un communiqué tardif de la Grande Mosquée de Paris, visant à corriger des propos à caractère négationniste diffusés deux mois plus tôt sur sa chaîne YouTube.
Dès l’ouverture de l’entretien, Mario Stasi a pointé un retard « totalement irresponsable ». Selon lui, laisser circuler pendant deux mois, sans rectification ni mise au point, des propos falsifiant l’histoire de la Shoah relève d’une faute majeure, d’autant plus grave dans un contexte de viralité accrue des réseaux sociaux. « Ce n’est pas une satisfaction de voir un communiqué publié si tardivement. C’était le minimum syndical, et encore », a-t-il insisté.
Le président de la LICRA s’est également indigné de la qualification d’« erreur » employée par la Grande Mosquée pour évoquer ces propos. « On ne parle pas d’une approximation, mais de négationnisme. De falsification de l’histoire », a-t-il martelé, dénonçant un mécanisme classique de déresponsabilisation consistant à rejeter la faute sur des tiers.
Particulièrement préoccupant, selon lui, le fait que des enfants aient assisté à cette conférence et que certains aient affirmé « apprendre des choses qu’ils n’apprennent pas à l’école ». Pour Mario Stasi, cela place l’institution religieuse face à une responsabilité écrasante. « L’école ne peut pas lutter seule si elle n’est pas soutenue par les institutions qui se réclament de l’esprit républicain », a-t-il averti, rappelant la nécessité de distinguer clairement un génocide d’un crime de guerre, et la Shoah de tout autre événement historique.
Évoquant d’autres dérives récentes, il a établi un parallèle avec des contenus parascolaires problématiques, soulignant une banalisation dangereuse de la falsification historique. « Le silence est meurtrier », a-t-il affirmé avec gravité, assumant pleinement la démarche de la LICRA d’avoir dénoncé publiquement ces faits.
Pour Mario Stasi, le danger ne vient pas seulement des antisémites déclarés, mais aussi de ceux qui laissent faire, se taisent ou entretiennent l’ambiguïté. « C’est ainsi que l’antisémitisme latent progresse, y compris auprès des plus jeunes », a-t-il conclu, se disant profondément inquiet pour la cohésion et la responsabilité morale de la société française.