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Nadia Geerts : "Quand la vérité n'a plus de poids, c'est la démocratie qui vacille"
Dans Regards Croisés, l'essayiste belge Nadia Geerts est revenue sur la polémique déclenchée par un simple tweet sur Gaza.


Invitée de Regards Croisés sur i24NEWS, l'essayiste et chroniqueuse belge Nadia Geerts est revenue sur la polémique qui a suivi un simple tweet publié en 2025. Dans son livre L'Affaire du tweet – Gaza ou la défaite de la raison, elle livre une réflexion plus large sur la liberté d'expression, la place de la vérité et les mutations du débat public.
À l'origine de cette affaire, un message publié sur X dans lequel Nadia Geerts s'interroge sur l'existence de restaurants encore ouverts à Gaza, alors que la famine est largement évoquée dans les médias. Quelques heures plus tard, son tweet déclenche une vague de critiques, d'insultes, d'accusations de négationnisme et même une pétition réclamant sa démission.
L'essayiste retire rapidement son message, qu'elle qualifie elle-même de « maladroit » et « imbécile ». Mais, selon elle, les excuses ne mettent pas fin à la polémique. Quelques semaines plus tard, une enquête publiée par un quotidien flamand confirme pourtant que plusieurs restaurants continuaient effectivement de fonctionner à Gaza malgré les conditions de guerre.
Pour Nadia Geerts, cette affaire dépasse largement le contenu de son tweet. « Le vrai sujet n'était pas de savoir s'il existait des restaurants à Gaza, mais de savoir si certaines vérités pouvaient encore être dites », explique-t-elle.
Selon elle, le débat public connaît une profonde dérive : « Si l'on ne peut même plus discuter des faits, la vérité n'a plus aucun poids. » Elle estime que certaines informations deviennent moralement inacceptables non parce qu'elles sont fausses, mais parce qu'elles risquent d'être perçues comme servant « le mauvais camp ».
L'auteure analyse également l'évolution de la gauche européenne. À ses yeux, elle s'est progressivement éloignée de son héritage universaliste pour privilégier une défense quasi automatique des minorités. Dans cette lecture, le conflit israélo-palestinien serait devenu un révélateur des nouvelles fractures idéologiques.
Au-delà de son témoignage personnel, Nadia Geerts lance une mise en garde : lorsque la recherche de la vérité cède la place à l'appartenance idéologique, c'est le débat démocratique lui-même qui se trouve fragilisé.