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"Ronny était celui qui reliait toute la famille", témoigne son frère Jéremie Ganizate
Jérémy Ganizate, frère de Ronny tombé au combat au sud-Liban, livre un témoignage sur la nécessité de donner un sens au sacrifice pour continuer à vivre.


À l’occasion de Yom Hazikaron, le témoignage de Jérémie Ganizate résonne comme celui de milliers de familles israéliennes frappées par la guerre. Son frère, Ronny Ganizate, est tombé au combat au sud-Liban le 9 octobre 2024. Depuis, le temps s’est arrêté, figé dans un instant que rien ne pourra effacer.
Jérémie raconte cette soirée où tout a basculé. Une scène presque banale — une ampoule à changer chez ses parents —, devenue en quelques minutes le prélude à l’irréparable. À peine rentré chez lui, l’appel de sa belle-sœur, puis la vision des soldats à sa porte. « J’ai tout de suite compris », confie-t-il. Le plus dur, dit-il, fut ensuite d’annoncer la nouvelle à ses parents et à sa sœur : « dire que leur fils ne rentrerait pas » . Une douleur qui, depuis, ne s’est jamais dissipée.
Mais au-delà de la tragédie, Jérémie fait vivre la mémoire de son frère. Ronny, explique-t-il, était à la fois un homme et un soldat indissociables, guidé par les mêmes valeurs : joie de vivre, sens des responsabilités, amour des autres. Père de trois enfants, frère attentif, fils respectueux, il était surtout « celui qui reliait tout le monde », un pilier familial et humain. Même sur le front, ses compagnons décrivent un homme capable de rassembler, de faire rire, de maintenir l’unité dans l’épreuve.
Dans une voix marquée par l’émotion, Jérémie évoque aussi la réalité du présent : une guerre qui continue, des proches encore engagés au Liban, et une angoisse permanente. Chaque nouvelle perte ravive la blessure, rappelle « le monde qui s’écroule ». Pourtant, il insiste sur une idée essentielle : la nécessité de donner un sens au sacrifice. « C’est ce sens qui nous permet de tenir », explique-t-il.
Car pour lui, Yom Hazikaron n’est pas un jour comme les autres — ou plutôt, il l’est tous les jours. « Le souvenir, il est tout le temps, à chaque instant », dit-il. Entre douleur intime et mémoire collective, son témoignage incarne cette réalité israélienne où l’absence devient présence, et où vivre, malgré tout, est déjà une forme de fidélité.