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Yossi Taieb, député Shass : "Aujourd'hui le moteur de l'Alyah de France est le manque de sécurité"
Invité d'un podcast d'i24NEWS, le député franco-israélien Yossi Taieb s'inquiète de la montée de l'antisémitisme en France et appelle à mieux accompagner les Juifs souhaitant s'installer en Israël.


Pour Yossi Taieb, les raisons qui poussent les Juifs de France à s'installer en Israël ont profondément changé. Invité d'un podcast d'i24NEWS, le député du parti Shass estime que l'insécurité et la montée de l'antisémitisme prennent désormais le pas sur les motivations traditionnellement liées au sionisme et à l'attachement à Israël.
« Jusqu'à aujourd'hui, nous avions des moteurs qui attiraient les communautés juives du monde vers Israël, par sionisme, par amour d'Israël. Aujourd'hui, malheureusement, ce sont des moteurs qui poussent les Juifs à rentrer chez eux, en Israël, à cause du manque de sécurité », explique-t-il.
Les violences survenues ce week-end en France ont ravivé ses inquiétudes. Interrogé sur la présence, lors des manifestations parisiennes, d'un jeune portant un maillot faisant référence à Mohammed Merah, l'auteur des attentats de Toulouse et de Montauban en 2012, le parlementaire ne cache pas sa colère.
L'évocation de Toulouse touche particulièrement Yossi Taieb. Entre 2006 et 2008, il avait travaillé à l'école juive Ozar Hatorah, où quatre personnes ont été assassinées en mars 2012. Il raconte avoir connu la petite Myriam Monsonego, tuée lors de l'attentat, qui jouait autrefois avec sa propre fille.
« Ça me met en colère, mais ça me donne aussi beaucoup d'ambition pour pousser la communauté juive de France à monter en Israël », confie-t-il.
Pour autant, le député refuse de présenter l'alyah comme une fuite. Il souligne plutôt les interrogations auxquelles sont confrontées certaines familles juives françaises : peuvent-elles encore envisager sereinement l'avenir de leurs enfants en France ? Peuvent-elles se rendre à la synagogue en portant une kippa sans craindre pour leur sécurité ?
Yossi Taieb affirme avoir directement abordé ces préoccupations avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors de sa visite en Israël à l'occasion des commémorations du 7 octobre.
« Je lui ai dit que les belles paroles, c'était bien, mais que j'attendais de la France des actes », rapporte le parlementaire. Selon lui, le ministre lui aurait réaffirmé le soutien de la France à Israël. Une réponse qu'il dit avoir accueillie favorablement, tout en insistant sur la nécessité de mesures concrètes pour protéger la communauté juive française.
Mais encourager l'alyah ne suffit pas. Encore faut-il permettre aux nouveaux immigrants de réussir leur installation. Yossi Taieb souhaite ainsi développer des structures d'accueil capables d'accompagner les francophones dans leurs démarches, leur intégration et leur vie quotidienne en Israël.
Il évoque notamment un projet d'écoles préparatoires destiné aux jeunes immigrants français souhaitant rejoindre l'armée israélienne, tout en conservant leur identité religieuse.
Le député insiste enfin sur un point : une installation en Israël doit être préparée, et non décidée dans la précipitation.
« Il ne faut pas rentrer en panique. Il faut bien réfléchir, préparer son alyah et ne pas monter en Israël sur un coup de tête », prévient-il.
Au-delà des inquiétudes sécuritaires, Yossi Taieb voit aussi dans l'immigration française une richesse pour la société israélienne. Il estime que les Juifs de France peuvent contribuer à rapprocher les différentes composantes du pays, grâce à une culture communautaire dans laquelle religieux et non-religieux ont longtemps appris à vivre ensemble.
« On n'est pas pareils, on ne pense pas pareil, mais on est un peuple », résume-t-il.