Eurovision : la chanteuse israélienne Yuval Raphael brise le silence sur les menaces et la haine subies
Arrivée deuxième au concours malgré un climat de menaces et de pressions inédites, la chanteuse israélienne témoigne pour la première fois de la haine subie depuis sa participation.


Deux ans après avoir survécu à l’attaque du festival Nova du 7 octobre, Yuval Raphael s’exprime pour la première fois sur l’hostilité extrême qu’elle a affrontée depuis sa participation à l’Eurovision. Arrivée deuxième de l’édition 2025 malgré les huées, les menaces de mort et une sécurité renforcée digne d’un chef d’État, la chanteuse évoque une expérience « profondément marquée par la haine ».
Rescapée du massacre perpétré par les terroristes du Hamas lors du festival Nova, où elle s’est cachée sous des corps pour survivre, Yuval Raphael a porté sur scène la chanson New Day Will Rise. Entourée d’une protection étroite, elle a chanté dans un climat de tensions inédit, entre manifestations pro-palestiniennes, gestes de menace et tentatives d’intrusion sur scène.
La chanteuse raconte également l’hostilité ressentie en coulisses. Si certains artistes se sont montrés bienveillants, d’autres ont, selon elle, pris leurs distances après la finale, allant jusqu’à la supprimer de leurs réseaux sociaux. Un geste qu’elle décrit comme révélateur d’un climat de pression idéologique.
Malgré les appels au boycott et les accusations infondées de manipulation du vote, Yuval Raphael souligne le soutien massif du public européen, notamment au Royaume-Uni et en Espagne. « Le vote populaire a montré une réalité différente de celle portée par certains discours politiques », affirme-t-elle.
Elle dénonce une « hypocrisie morale » chez ceux qui prônent l’exclusion culturelle au nom de valeurs, estimant que ces campagnes alimentent davantage la haine qu’elles ne servent la justice. « La musique est censée créer des ponts, pas des murs », insiste-t-elle.
Aujourd’hui, Yuval Raphael poursuit sa carrière, tout en assumant un chemin de reconstruction à long terme. « La guérison est un processus permanent », confie-t-elle, déterminée à transformer son traumatisme en message de résilience, de vérité et de dialogue.