L'ex-top model Tyra Banks attaque Netflix et deux réalisateurs israéliens pour diffamation
Netflix prend la défense des réalisateurs et demande à la justice de rejeter la plainte


Netflix a demandé à la justice de rejeter la plainte en diffamation déposée par Tyra Banks, ancienne mannequin, présentatrice et productrice de l’émission « America’s Next Top Model ». Le litige porte sur une série documentaire réalisée par les Israéliens Daniel Sivan et Mor Loushy, consacrée aux coulisses et aux controverses de l’émission.
Tyra Banks, 52 ans, a engagé une procédure en juin contre Netflix et les réalisateurs, estimant avoir été présentée de manière trompeuse. Elle reproche notamment au documentaire d’avoir donné l’impression qu’elle se souvenait mal d’une ancienne candidate ayant affirmé avoir été victime d’une agression sexuelle pendant le tournage d’une saison à Milan.
Selon sa plainte, Tyra Banks aurait accordé environ trois heures d’interview à la production, dont seulement une quinzaine de minutes ont été retenues au montage.
Netflix rejette ces accusations. Dans sa requête, la plateforme affirme que le désaccord de Tyra Banks porte avant tout sur des choix éditoriaux, ce qui ne suffit pas, selon elle, à caractériser une diffamation. Ses avocats soulignent que Tyra Banks connaît elle-même parfaitement ce type de décisions, puisqu’elle a créé, animé et produit 24 saisons d’« America’s Next Top Model ».
La scène au cœur du litige concerne une question posée à Tyra Banks au sujet de Jendy Sullivan, ancienne candidate de l’émission. Dans le documentaire, sa réaction apparaît hésitante avant que la séquence ne s’interrompe. Tyra Banks affirme que la suite de sa réponse, dans laquelle elle indiquait se souvenir de l’histoire de la candidate, a été volontairement écartée de manière à déformer ses propos.
Netflix répond que cette réponse apparaît bien dans le documentaire, mais au début de l’épisode suivant.
La plateforme a également apporté son soutien aux réalisateurs israéliens Daniel Sivan et Mor Loushy, qu’elle présente comme des documentaristes expérimentés. Elle affirme que Tyra Banks a pu exposer librement son point de vue et que celui-ci a été présenté aux côtés des témoignages d’autres personnes ayant participé à l’émission.
L’avocat de Tyra Banks, Tom Clare, conteste cette version. Selon lui, la question n’est pas de savoir si un documentaire peut être monté, mais si ce montage a modifié de manière substantielle le sens des déclarations recueillies.
Il demande désormais à Netflix de publier l’intégralité des trois heures d’entretien avec Tyra Banks afin que le public puisse comparer ses propos avec les séquences finalement retenues.
La justice devra donc déterminer si les choix de montage relèvent de la liberté éditoriale ou s’ils ont donné une image suffisamment déformée de Tyra Banks pour pouvoir constituer une diffamation.