Yuval Raphael retrouve l’Eurovision comme autrice, un an après avoir porté Israël sur scène
Elle est de retour à Vienne dans un rôle plus discret mais tout aussi intime : celui de coautrice du titre israélien Michelle, interprété par Noam Bettan.


Dans une interview accordée vendredi à Channel 12 depuis Vienne, Yuval Raphael est revenue sur son année hors norme, son retour à l’Eurovision comme co-autrice, et la manière dont elle a transformé les huées de l’an dernier en force.
À Vienne, l’ancienne représentante d’Israël accompagne cette fois Michelle, le titre interprété par Noam Bettan, qu’elle a coécrit avec Tslil Klipi et Nadav Aharoni. « Je suis sur des charbons ardents depuis plusieurs jours », confie-t-elle avant son départ. « J’ai juste l’impression que je dois déjà y être, j’ai envie de vivre la chose. »
Pour Yuval Raphael, ce retour n’a rien d’anodin. Il ressemble à une forme de rendez-vous avec elle-même. « C’est aussi une sorte de boucle qui se referme pour moi par rapport à l’an dernier, pas seulement comme créatrice cette année », dit-elle. Dans l’avion, l’émotion déborde déjà : « Je crois un peu à l’impossible, j’ai le pressentiment qu’on revient avec le trophée. »
L’an dernier, l’Eurovision avait été pour elle une épreuve autant qu’un triomphe. Les cris, les tensions, les délégations qui ne saluaient pas : elle n’a rien oublié. Mais elle refuse d’en faire une blessure stérile. « Les huées sont peut-être l’un des plus grands cadeaux que j’ai reçus », affirme-t-elle. « À la seconde où il y a eu des huées, toute l’émotion est revenue : pour qui je chante, quel est le message, quelles sont mes intentions. »
Cette année, elle n’a plus à préserver sa voix ni à dormir huit heures par nuit pour tenir la scène. Mais la pression demeure. « C’est une chanson que j’ai créée, sur laquelle nous avons travaillé pendant des heures, et tout notre cœur et notre âme étaient dedans », dit-elle. Voir Noam Bettan défendre ce morceau l’a bouleversée. « Je n’ai pas arrêté de pleurer », raconte-t-elle. « Je me suis dit : c’est comme ça qu’on était émus en me regardant ? »
Derrière l’artiste, il y a aussi la survivante du 7-Octobre. « J’ai vécu un traumatisme, je serai post-traumatique, mais cela ne me dirigera pas. C’est moi qui dirigerai cela », dit-elle. Elle parle d’un jour impossible à effacer, « quelque chose qu’on ne peut pas embellir ni balayer sous le tapis ».
Depuis son retour de l'Eurovision, sa vie a changé: concerts, interviews, invitations à raconter son histoire et celle d’Israël. « Cette année dépasse toutes mes attentes », reconnaît-elle. Chez Yuval Raphael, la fragilité n’a pas remplacé la force : elle l’a rendue plus audible.