Wall Street dévisse : les géants de l'intelligence artificielle entraînent les Bourses mondiales dans leur chute
Le Nasdaq a perdu 2,6 % jeudi, pénalisé par les valeurs technologiques. La flambée des prix du pétrole, sur fond de tensions avec l'Iran, accentue les inquiétudes des investisseurs.


Les marchés financiers mondiaux ont connu une séance difficile jeudi, sous l'effet d'une chute brutale des valeurs liées à l'intelligence artificielle. À New York, le Nasdaq, fortement exposé aux entreprises technologiques, a reculé de 2,6 %, tandis que le S&P 500 a abandonné 1,2 %, enregistrant sa plus forte baisse quotidienne depuis juillet.
Le mouvement a été particulièrement marqué chez les entreprises qui avaient bénéficié de l'engouement des investisseurs pour l'intelligence artificielle ces dernières années. Nvidia, premier groupe américain par sa capitalisation boursière, a perdu 4,3 %, pesant lourdement sur les principaux indices.
'Meta, maison mère de Facebook et Instagram, a chuté de 7,9 % malgré un chiffre d'affaires supérieur aux attentes. Le groupe a déçu sur ses bénéfices et annoncé la création d'une nouvelle catégorie d'actions destinée à financer ses investissements, notamment dans l'intelligence artificielle.
La baisse a été encore plus sévère pour Lam Research, spécialiste des équipements de fabrication de semi-conducteurs, dont le titre a perdu 11,6 %. CoreWeave, entreprise spécialisée dans les infrastructures informatiques pour l'intelligence artificielle, a également reculé de 11 %, sur fond d'inquiétudes concernant son endettement.
Ces pertes traduisent les interrogations croissantes des investisseurs sur le coût du développement de l'intelligence artificielle. La construction de centres de données, l'achat de puces électroniques et les dépenses énergétiques nécessitent des investissements considérables, alors que les taux d'intérêt demeurent élevés.
La nervosité s'est propagée aux marchés asiatiques. L'indice Kospi sud-coréen a chuté de 3,5 %, le Hang Seng de Hong Kong de 3 % et le Nikkei japonais de 2,7 %.
À cette correction technologique s'ajoute une nouvelle flambée des prix du pétrole. Le baril de Brent a progressé de 3,7 %, atteignant 112,80 dollars, son niveau le plus élevé depuis cinq mois. Les tensions militaires autour de l'Iran et les incertitudes sur l'approvisionnement énergétique mondial continuent d'alimenter cette hausse.
En Europe, la Bourse de Paris a également été touchée. Le CAC 40 a perdu 1,4 %, dans un contexte marqué par l'augmentation des coûts d'emprunt de l'État français et les inquiétudes entourant les finances publiques.
La baisse des indices américains masque toutefois une réalité plus contrastée : près de deux tiers des entreprises composant le S&P 500 ont terminé la séance en hausse. Le recul des grandes capitalisations technologiques a suffi à entraîner l'ensemble de l'indice dans le rouge.
Sur le marché obligataire américain, les investisseurs se sont tournés vers les emprunts d'État, considérés comme des placements plus sûrs en période d'incertitude. Le rendement des obligations américaines à dix ans est ainsi tombé à 4,96 %, contre 5,13 % la veille.