Israël : l’hôpital Shiba obtient 6 millions de dollars pour travailler sur le vieillissement féminin
Des chercheuses de l'hôpital Sheba lancent une vaste étude sur le rôle des ovaires dans le vieillissement, grâce à un financement américain de 6 millions de dollars


Et si les ovaires jouaient un rôle déterminant dans le vieillissement des femmes, bien au-delà de la ménopause ? C'est l'hypothèse qu'une équipe de chercheuses israéliennes s'apprête à explorer. Le centre médical Sheba, près de Tel-Aviv, vient d'obtenir une subvention de 6 millions de dollars de la fondation américaine Nuttall pour mener une vaste étude consacrée au rôle des ovaires dans le vieillissement féminin, rapporte le quotidien économique israélien Globes.
Baptisé OASIS (Ovarian Secretome and Integrated Health Span), ce programme suivra pendant trois ans 650 femmes réparties en deux groupes : des participantes âgées de 40 à 50 ans, en période de transition vers la ménopause, et d'autres de 60 ans et plus.
Pendant des décennies, les ovaires ont principalement été étudiés sous l'angle de la fertilité. Pourtant, des travaux récents suggèrent qu'ils continuent de jouer un rôle biologique après la ménopause, notamment grâce à la production de substances susceptibles d'influencer le fonctionnement d'autres organes. « Les signes se multiplient que les ovaires sécrètent d'autres hormones et facteurs que nous ne connaissons pas encore », explique au Globes la docteure Abigail Goshen, directrice de l'Institut de recherche sur la longévité en bonne santé de Sheba.
Avec la professeure Lauren Patrick, directrice du Centre de métabolomique et de caractérisation moléculaire de l'établissement, elle dirigera ce programme destiné à mieux comprendre les liens entre la santé ovarienne et le vieillissement général de l'organisme. Les chercheuses s'intéresseront notamment aux signaux inflammatoires émis par les ovaires après la période reproductive. Ces mécanismes pourraient contribuer à expliquer certaines évolutions liées à l'âge, notamment sur les plans métabolique et cognitif.
L'objectif est également d'identifier plus tôt les femmes susceptibles de connaître des effets particulièrement marqués de la ménopause, afin d'envisager, à terme, des interventions médicales mieux adaptées. Pour les scientifiques, il ne s'agit pas encore de démontrer qu'il est possible de ralentir le vieillissement, mais de comprendre un mécanisme biologique encore largement méconnu.