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Raam recrute Yoav Segalovich pour lutter contre la criminalité
Le président de Raam, Mansour Abbas, annonce l’arrivée de Yoav Segalovich sur la liste du parti, misant sur un partenariat judéo-arabe contre la criminalité.


Le député Mansour Abbas, président du parti arabe Raam, a annoncé l’intégration de Yoav Segalovich sur la liste de sa formation pour les prochaines élections à la Knesset. Une alliance que Mansour Abbas présente comme la concrétisation de sa stratégie de « partenariat civil » entre citoyens arabes et juifs.
Lors d’une conférence de presse, Mansour Abbas a placé la lutte contre la criminalité et les violences dans la société arabe au premier rang des priorités de son parti. « Ce n’est pas un point dans notre programme. C’est une mission », a-t-il déclaré, évoquant l’inquiétude quotidienne des familles confrontées à l’insécurité.
Le dirigeant de Raam a défendu une approche fondée sur la coopération politique et civile. « Pour créer le changement, il faut un partenariat. Un partenariat civil. Pour créer le changement, il faut voir l’autre comme un être humain, pas comme un ennemi », a affirmé Mansour Abbas.
C’est dans cette logique qu’il justifie le recrutement de Yoav Segalovich, ancien haut responsable de la police israélienne et ancien vice-ministre de la Sécurité intérieure. Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble au sein du « gouvernement du changement », notamment sur la lutte contre la criminalité dans la société arabe.
Selon Mansour Abbas, cette coopération avait permis d’obtenir des résultats concrets et d’inverser la tendance en matière de violences. « Nous avons mené un processus qui a conduit à un changement de tendance. Un véritable changement », a-t-il assuré.
Le président de Raam estime que cette dynamique s'est ensuite interrompue, entraînant une nouvelle aggravation de la situation. « Au cours des quatre dernières années, les chiffres n’ont fait qu’augmenter. Près de mille personnes assassinées. Mille. Des noms, des visages, des foyers », a-t-il déclaré.
Pour Mansour Abbas, la criminalité dans les localités arabes ne constitue pas uniquement un problème sectoriel. Il estime que les armes illégales et les organisations criminelles représentent une menace pour l’ensemble de la société israélienne.
« L’arme qui tire aujourd’hui à Tamra tirera demain à Afula. Les organisations qui extorquent aujourd’hui un commerçant arabe extorquent aussi un garagiste juif. Ce n’est pas un problème arabe. C’est un problème pour l’État », a-t-il affirmé.
Alors que Raam constitue sa liste pour la prochaine Knesset, Mansour Abbas affirme avoir voulu concrétiser sa stratégie d’alliance avant même le scrutin, plutôt que d’attendre d’éventuelles négociations de coalition.
« Ceux qui croient en quelque chose n’attendent pas que cela devienne pratique. Ils commencent », a-t-il expliqué avant d’officialiser l’arrivée de Yoav Segalovich.
Anticipant les critiques que pourrait provoquer le choix d’un ancien officier de police juif sur la liste d’un parti arabe, Mansour Abbas a répondu : « Je ne cherche pas quelqu’un qui me ressemble. Je cherche quelqu’un qui sait faire le travail. »
Le président de Raam a conclu son discours en présentant cette alliance comme un symbole dépassant la seule question de la criminalité : « À chaque génération vient un moment où la peur et l’espoir se trouvent dans la même pièce. Ce soir, dans cette pièce, l’espoir a gagné. »