Boualem Sansal annonce avoir été déchu de sa nationalité algérienne
Désormais uniquement français, l’auteur et nouvel académicien relance le débat sur la liberté d’expression et le traitement réservé aux intellectuels dissidents.


L’écrivain Boualem Sansal a déclaré ce jeudi être désormais uniquement de nationalité française, affirmant avoir été déchu de sa nationalité algérienne. « Il y a sans doute encore quelques formalités en cours, mais en effet, je suis seulement français désormais », a-t-il annoncé lors d’une rencontre avec des élèves du lycée Edgar-Quinet, à Paris.
Invité à l’initiative de Valérie Pécresse, l’auteur est revenu sur les conséquences de son incarcération en Algérie, où il a été détenu près d’un an. Arrêté à Alger le 16 novembre 2024 à son arrivée en provenance de Paris, Sansal avait été poursuivi pour « atteinte à l’unité nationale », à la suite de déclarations sur l’Algérie et le Maroc accordées au média Frontières.
Condamné en première instance à cinq ans de prison, une peine confirmée en appel, l’écrivain a finalement été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune et libéré en novembre dernier. Depuis, il affirme avoir été privé de son passeport algérien, une décision qu’il interprète comme une déchéance de nationalité.
Auteur d’une trentaine de romans, essais et recueils de nouvelles, Boualem Sansal avait obtenu la nationalité française en 2024. La semaine dernière, il a franchi une nouvelle étape symbolique en étant élu à l’Académie française, dès le premier tour, rejoignant ainsi les rangs des « immortels ».
Déjà récompensé en 2015 par le Grand Prix du roman de l’Académie française pour 2084. La fin du monde, une œuvre inspirée de 1984 de George Orwell, Sansal incarne une figure intellectuelle marquante, souvent critique à l’égard des régimes autoritaires.
Son annonce intervient dans un contexte diplomatique sensible entre la France et l’Algérie, et relance le débat sur la liberté d’expression et le sort des intellectuels dissidents.