Caroline Yadan et plusieurs élus demandent la révocation de Francesca Albanese de son mandat à l’ONU
À l’initiative de la députée Caroline Yadan, plus de soixante élus français ont adressé un courrier au ministre des Affaires étrangères pour demander la révocation de Francesca Albanese.


Un large collectif de parlementaires français a adressé, ce mardi 10 février, un courrier au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, l’appelant à agir contre Francesca Albanese, rapporteure spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens. À l’initiative de la députée Caroline Yadan, cette lettre demande explicitement que Francesca Albanese soit sanctionnée et déchue de tout mandat onusien.
Parmi les signataires figurent Olivia Grégoire, Agnès Pannier-Runacher, Franck Riester, Prisca Thévenot, ainsi que Éric Woerth.
Les signataires rappellent qu’ils avaient déjà alerté la diplomatie française en mars 2025 sur les prises de position de la rapporteure, jugées radicales, partiales et incompatibles avec les exigences d’impartialité liées à son mandat au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Selon eux, ses déclarations publiques relèvent d’une rhétorique systématiquement hostile à Israël et entachée de propos assimilés à de l’antisémitisme.
La nouvelle mobilisation fait suite à des propos tenus le 7 février lors d’un forum organisé par Al-Jazeera à Doha, en présence notamment d’un dirigeant du Hamas et du ministre iranien des Affaires étrangères. Francesca Albanese y a désigné Israël comme un « ennemi commun de l’humanité », une expression que les élus qualifient d’archétype de l’antisémitisme historique et contemporain.
Dans leur courrier, les parlementaires estiment que ces déclarations dépassent largement le cadre de la liberté d’opinion. Ils dénoncent une vision « complotiste et éliminationniste », qui assimile l’État juif à un mal absolu et met, selon eux, en danger les Juifs à travers le monde. Ils rappellent que ce type de discours correspond à l’une des formes d’antisémitisme identifiées par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste.
La gravité de la situation est, selon les signataires, renforcée par le fait que ces propos sont tenus sous couvert d’un mandat onusien, conférant à leur auteure une légitimité institutionnelle et une audience internationale. Dans un contexte de recrudescence de l’antisémitisme, ils estiment que la France ne peut rester silencieuse.
Le courrier conclut par un appel pressant au chef de la diplomatie française afin qu’il œuvre, au nom de la France, à l’adoption de sanctions et à la révocation immédiate de Francesca Albanese, au nom de l’intégrité morale des Nations unies et de la responsabilité politique de la France.