Famille juive intoxiquée en France : le parquet général se pourvoit en cassation
Le parquet général de Versailles se pourvoit en cassation après l’exclusion de la circonstance antisémite dans l’affaire dite « Nounou Nadine ».


Nouvelle étape judiciaire dans l’affaire de l’intoxication d’une famille juive à Levallois-Perret. Le parquet général de Versailles a annoncé s’être pourvu en cassation contre la décision de la cour d’appel, qui a confirmé la condamnation de la nourrice tout en écartant la circonstance aggravante d’antisémitisme.
La prévenue, une femme de 42 ans, avait été condamnée en décembre 2025 par le tribunal correctionnel de Nanterre à trois ans de prison, dont deux ans et demi ferme, pour avoir versé des produits ménagers toxiques dans des bouteilles d’alcool appartenant à la famille chez laquelle elle travaillait, en janvier 2024.
Lors de l’enquête, la nourrice — surnommée « Nounou Nadine » — avait tenu des propos particulièrement troublants, affirmant avoir agi « parce qu’ils ont de l’argent et le pouvoir » et ajoutant qu’elle « n’aurait jamais dû travailler pour une juive ». Elle a par la suite reconnu qu’il s’agissait d’une « phrase de haine », tout en niant toute intention antisémite.
Ni le tribunal de première instance, ni la cour d’appel de Versailles n’ont retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme. Les juges ont notamment considéré que les conditions dans lesquelles ces propos avaient été recueillis — en l’absence d’avocat lors de la perquisition — ne permettaient pas de les utiliser juridiquement pour qualifier les faits.
Cette décision a suscité l’indignation des avocats de la famille, qui dénoncent un signal préoccupant. Dans un communiqué, ils estiment que ce jugement « rend impossible la répression judiciaire de l’antisémitisme » et risque d’entamer la confiance des victimes envers l’institution judiciaire.
En se pourvoyant en cassation, le parquet général entend faire trancher la question par la plus haute juridiction française. L’enjeu est de taille : il s’agit de déterminer si les éléments du dossier permettent de caractériser une motivation antisémite dans cette affaire, et plus largement, de préciser les conditions dans lesquelles de tels faits peuvent être juridiquement reconnus et sanctionnés.