France : manifestations émaillées de violences et de dégradations, Raphaël Glucksmann pris à partie à Paris
Près d'un millier de lycées étaient bloqués ou fermés administrativement et des perturbations ont été observées dans les transports ferroviaires régionaux


La France a connu jeudi 5 novembre une nouvelle journée de mobilisation sociale, marquée par des manifestations dans de nombreuses villes et des appels à la grève dans plusieurs secteurs. Selon les premiers chiffres, la CGT a revendiqué près de 1,6 million de manifestants partout en France, dont 350 000 à Paris, tandis que le ministère de l'Intérieur faisait état de 600 000 participants. Les syndicats réclament notamment des augmentations de salaires, une amélioration du pouvoir d'achat et davantage de moyens pour les services publics.
La journée a également été émaillée de violences, d'affrontements avec les forces de l'ordre et de dégradations. À Paris, des individus cagoulés ont commis des dégradations sur le boulevard Voltaire, entraînant l'intervention de la police. À Lyon, des groupes de black blocs ont été signalés au sein du cortège, où des tensions ont éclaté. À Rennes, des individus masqués ont pris à partie des syndicalistes, tandis que des jets de projectiles ont été rapportés. À Caen, des individus équipés de barres de fer et d'extincteurs ont pénétré dans deux lycées, provoquant d'importants dégâts. Des incidents ont également été signalés à Toulouse, notamment aux abords d'établissements scolaires.
À Paris, Raphaël Glucksmann a lui aussi été pris à partie par des manifestants, qui l'ont hué et empêché de progresser pendant près d'une heure place de la République. Selon RTL, plusieurs slogans hostiles ont été scandés à son encontre, notamment "Non, Glucksmann n'est pas un camarade" et "Tout le monde déteste le PS". Le responsable politique a finalement quitté le rassemblement. Son entourage a notamment évoqué la présence de black blocs pour expliquer son départ.
La mobilisation a particulièrement touché le secteur de l'éducation, avec des blocages de lycées et des perturbations dans les universités. Selon le Snes-FSU, près d'un millier de lycées étaient bloqués ou fermés administrativement, contre 81 établissements recensés par Matignon. Le ministère de l'Éducation faisait également état d'environ 16 % d'enseignants grévistes. Des perturbations ont été observées dans les transports ferroviaires régionaux, tandis que la circulation des TGV et du métro parisien est restée globalement assurée.
Face aux risques de débordements, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait mobilisé 70 000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire. Malgré les incidents, les autorités ont indiqué que les manifestations s'étaient globalement déroulées dans le calme. Cette nouvelle journée de contestation intervient après plusieurs mobilisations organisées en octobre, alors que les syndicats maintiennent la pression sur le gouvernement pour obtenir des mesures concrètes en faveur des salaires et du pouvoir d'achat.