Les États-Unis ne protégeront plus l'Europe "dans la durée", prévient Emmanuel Macron
Face à l’incertitude stratégique mondiale, Emmanuel Macron alerte sur la fin d’une protection américaine durable et appelle à une Europe plus souveraine.


En déplacement à Nicosie, le président français Emmanuel Macron a livré un message sans détour sur l’avenir de la sécurité européenne. Lors d’un échange avec des élèves de l’école franco-chypriote, il a affirmé que «les États-Unis d’Amérique […] ne nous protégeront plus dans la durée», appelant les Européens à repenser en profondeur leur modèle de défense.
Dans ce discours aux accents pédagogiques mais résolument stratégiques, le chef de l’État a insisté sur la nécessité pour l’Europe de «devenir plus forte et plus indépendante». Selon lui, le continent a trop longtemps reposé sur une garantie implicite de protection américaine. «L’Europe s’est construite en pensant que pour toute l’éternité, les États-Unis nous protégeraient. Pour votre génération, je pense que ce ne sera plus vrai», a-t-il averti, s’adressant directement à la jeunesse.
Pour illustrer son propos, Emmanuel Macron a évoqué plusieurs dossiers récents, du Groenland aux tensions avec l’Iran, en passant par la guerre en Ukraine, autant de signaux révélateurs d’un monde en recomposition. Les États-Unis restent des «alliés», a-t-il reconnu, mais leur engagement ne peut plus être considéré comme acquis.
Le président français a également mis en garde contre une perte de souveraineté technologique et militaire. «Si demain on n’est plus capable de nous protéger nous-mêmes […] on ne choisira plus», a-t-il martelé, plaidant pour une autonomie stratégique européenne renforcée, tant sur le plan militaire qu’industriel.
Au-delà de la géopolitique, Emmanuel Macron a tenu à adresser un message plus large sur la paix. «La paix ne se décrète pas un beau matin», a-t-il souligné, rappelant que «la guerre naît des malentendus, des incompréhensions ou de la folie de certains dirigeants». Il a encouragé les jeunes à «chercher à comprendre les autres» et à cultiver le «goût de l’avenir».