Présidentielle 2027 : un nouveau sondage IFOP confirme la forte probabilité d'un duel Le Pen-Mélenchon
Le leader de La France insoumise progresse et atteint désormais entre 17,5 et 18 % des intentions de vote


À moins de six mois de l’élection présidentielle de 2027, le scénario d’un face-à-face entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon prend de l’épaisseur. Selon une enquête Ifop pour LCI publiée mardi 3 novembre, les deux figures des extrêmes dominent les intentions de vote, laissant leurs concurrents à distance.
Marine Le Pen conserve une avance considérable. La candidate du Rassemblement national recueille entre 35 et 37 % des intentions de vote au premier tour, selon les configurations envisagées. Une domination qui confirme l’ancrage électoral du RN et sa capacité à fédérer un électorat bien au-delà de son socle traditionnel.
Mais la véritable dynamique de ce sondage concerne Jean-Luc Mélenchon. Le leader de La France insoumise progresse et atteint désormais entre 17,5 et 18 % des intentions de vote. Il devance d’au moins deux points son poursuivant le plus proche dans tous les scénarios étudiés. Une progression qui le placerait systématiquement au second tour face à Marine Le Pen.
Cette perspective constitue un sérieux avertissement pour le bloc central et la droite traditionnelle. Édouard Philippe, longtemps considéré comme le mieux placé pour affronter le RN, ne recueille que 15 % dans l’hypothèse d’une candidature sans Gabriel Attal. Son score tombe même à 9,5 % lorsque plusieurs prétendants du centre et de la droite se présentent simultanément.
La dispersion des candidatures apparaît comme l’un des principaux obstacles à leur qualification. Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard se disputent un espace électoral de plus en plus fragmenté. Seule surprise dans ce paysage : le maire de Cannes, David Lisnard, poursuit sa progression et atteint jusqu’à 9 %, dépassant désormais Bruno Retailleau.
À gauche, Raphaël Glucksmann subit un net revers. Crédité de 10 à 13 % des intentions de vote, contre 12 à 16 % à la mi-octobre, le représentant de la gauche social-démocrate voit s’éloigner ses espoirs de qualification. Marine Tondelier et Fabien Roussel restent, quant à eux, cantonnés à des scores modestes.
Au-delà des chiffres, cette enquête dessine une France politique de plus en plus polarisée. D’un côté, un Rassemblement national solidement installé en tête ; de l’autre, une gauche radicale qui semble profiter de l’affaiblissement de ses concurrents. Entre les deux, les formations traditionnelles ne parviennent plus à imposer une alternative crédible.
Reste qu’un sondage ne préjuge pas du résultat des urnes. Réalisée du 27 au 29 octobre auprès de 1 501 personnes inscrites sur les listes électorales, cette enquête constitue une photographie des rapports de force, et non une prédiction. Mais à ce stade, le scénario d’un second tour Le Pen-Mélenchon apparaît comme une hypothèse politique de plus en plus sérieuse.