« Un acte de paix » : Paris veut honorer les civils palestiniens
Emmanuel Grégoire, proposera au Conseil de Paris d'accorder la citoyenneté d'honneur aux civils et aux journalistes palestiniens. Une initiative qui divise déjà la classe politique.


Le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, soumettra au vote du Conseil de Paris, le 24 juin prochain, une délibération visant à attribuer la citoyenneté d'honneur de la capitale aux populations civiles palestiniennes de Gaza et de Judée-Samarie, ainsi qu'aux journalistes palestiniens couvrant les zones de conflit au Proche-Orient.
Dans le texte présenté aux élus, Emmanuel Grégoire justifie cette initiative par la situation humanitaire qu'il qualifie de « dramatique » dans la bande de Gaza, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025. Son entourage décrit cette distinction comme « un acte de paix », affirmant que « Paris a toujours lié son nom à la liberté des peuples et à la dignité humaine ».
Le nouveau maire de Paris rappelle également que les drapeaux israélien et palestinien avaient été projetés ensemble sur la tour Eiffel en septembre 2025, symbole selon lui de l'attachement de la capitale à une solution de paix.
Cette proposition marque une rupture avec la précédente mandature d'Anne Hidalgo. En 2024, la Ville de Paris avait accordé la citoyenneté d'honneur aux otages enlevés par le Hamas, mais avait refusé les demandes répétées d'une partie de sa majorité de distinguer également les populations palestiniennes.
Les élus communistes ont salué cette initiative. Ian Brossat, co-président du groupe communiste au Conseil de Paris, s'est félicité qu'Emmanuel Grégoire réponde enfin aux nombreuses demandes formulées au cours du précédent mandat.
L'opposition de droite a en revanche annoncé qu'elle voterait contre le texte en l'état. Les groupes Les Républicains et Horizons estiment qu'une telle distinction ne devrait pas concerner uniquement les Palestiniens, mais rendre hommage à l'ensemble des victimes civiles du conflit israélo-palestinien.
Le maire socialiste de Paris Centre, Ariel Weil, a lui aussi exprimé des réserves. Il a indiqué qu'il pourrait soutenir la délibération si le texte reconnaissait explicitement la souffrance des civils israéliens, rappelait la responsabilité du Hamas dans le déclenchement de la guerre et excluait toute ambiguïté concernant les membres du mouvement islamiste.
Depuis sa création en 2001, la citoyenneté d'honneur de la Ville de Paris a notamment été attribuée aux otages du Hamas, au peuple du Haut-Karabakh et à la ville de Kiev.