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À Tel-Aviv, Xsolla ouvre un hub mondial pour les créateurs de jeux vidéo
Selon l’Association israélienne du jeu vidéo, ce secteur emploie plus de 15 000 personnes et génère un chiffre d’affaires estimé à 10 milliards d’euros


Le jeu vidéo n’est plus seulement un loisir : c’est devenu la première industrie mondiale du divertissement en chiffre d’affaires, devant le cinéma et la musique réunis. Près de 70 ans après la naissance du premier jeu vidéo, le secteur compte aujourd’hui près de 4 milliards de joueurs dans le monde et plus de 50 000 nouveaux jeux publiés chaque année.
Ce marché, estimé à 189 milliards de dollars, est porté par des franchises planétaires comme Mario, Pokémon ou Call of Duty, mais aussi par une multitude de studios et de créateurs indépendants qui tentent de faire émerger les succès de demain.
Parmi les acteurs majeurs de cet écosystème figure Xsolla. Son nom est moins connu du grand public, mais cette entreprise américaine joue un rôle central dans l’industrie. Présente dans plus de 200 pays, elle fournit aux développeurs l’infrastructure nécessaire pour vendre, distribuer et monétiser leurs jeux à l’échelle mondiale.
"Notre entreprise fournit l’infrastructure pour les jeux, avec des solutions de paiement, des activités de promotion via nos réseaux de partenaires, des canaux d’influenceurs ou encore la monétisation publicitaire", explique Nikita Sherman, vice-président de Xsolla. "C’est un prestataire de services qui agit en coulisses. Tout tourne autour du développement de jeux et de l’écosystème du gaming."
Selon l’entreprise, son infrastructure serait aujourd’hui utilisée par 60 % des 100 jeux les plus rentables au monde. Et c’est à Tel-Aviv que Xsolla a choisi d’ouvrir son tout premier Xsolla Club : un espace de 500 mètres carrés au cœur de la "Start-up Nation", entièrement dédié aux créateurs de jeux vidéo.
Le lieu se veut à la fois espace de travail, centre de rencontres et plateforme d’innovation. "Chaque jour, le club accueille quelque chose de nouveau : un événement, une conférence, une rencontre, un salon rempli de gens qui se réunissent pour parler de l’avenir de cette industrie", explique Ido Brosh, responsable du Xsolla Club Tel-Aviv. "C’est vraiment un endroit où tout se rejoint."
En Israël, le secteur du jeu vidéo connaît une croissance importante. Selon l’Association israélienne du jeu vidéo, il emploie plus de 15 000 personnes et génère un chiffre d’affaires estimé à 10 milliards d’euros. Si le Japon reste associé à des géants comme Nintendo ou Sega, les États-Unis à des blockbusters comme GTA, et la France à des productions narratives et artistiques telles qu’Assassin’s Creed ou Far Cry, Israël s’est notamment imposé dans l’univers du jeu mobile.
L’un des exemples les plus emblématiques est Moon Active, basée à Tel-Aviv, à l’origine de Coin Master, téléchargé plus de 300 millions de fois et devenu l’un des plus grands succès mondiaux du jeu mobile.
Pour Ido Brosh, cette réussite israélienne s’explique par une combinaison particulière. "Le jeu vidéo réunit l’art, les données et la technologie. Et cette combinaison fonctionne très bien ici, parce qu’Israël dispose à la fois de personnes capables de créer des expériences fortes et de les transformer en produits commerciaux solides", estime-t-il.
Derrière les chiffres, le secteur repose aussi sur des parcours personnels et des idées originales. C’est le cas d’Or Ben Shabat, fondateur de Digital Combat Academy. Ancien commandant de compagnie de chars et professionnel du jeu vidéo, il développe une technologie d’entraînement destinée aux soldats et aux unités tactiques. L’objectif : permettre des simulations de mission proches de l’expérience d’un jeu comme Call of Duty, mais conçues pour l’entraînement militaire.
"Je cherchais un produit capable de m’entraîner, moi et mes soldats, sans aller sur le terrain, sans gaspiller du temps, des munitions, ni prendre le risque de se blesser", explique-t-il. Le système analyse ensuite les performances des utilisateurs, notamment leur prise de décision, leur communication et leurs erreurs, afin de les aider à progresser à moindre coût et sans danger.
Dans un secteur aussi spécifique que le jeu vidéo, l’accompagnement et les échanges entre professionnels peuvent faire la différence. "Les personnes qui travaillent ici partagent un espace de coworking, mais elles ont toutes un point commun : elles développent des jeux", souligne Or Ben Shabat. "Quelqu’un peut me demander mon avis sur son jeu, et je peux lui donner des conseils grâce à mon expérience. C’est une vraie collaboration entre professionnels d’un même secteur."
Le Xsolla Club de Tel-Aviv n’est toutefois qu’une première étape. L’entreprise américaine veut développer ce modèle à l’international. "L’idée est mondiale", explique Nikita Sherman. "Imaginez un réseau social avec des lieux physiques. Les gens se connectent sur des plateformes numériques, puis se rencontrent dans des espaces réels. Si vous êtes membre du club et que vous voyagez de Tel-Aviv à New York, vous pouvez vous rendre dans le club local et rencontrer les bonnes personnes."
Dans un pays déjà reconnu pour son dynamisme technologique, le jeu vidéo s’impose ainsi comme un nouveau terrain d’innovation. Et à Tel-Aviv, certains espèrent bien faire émerger le prochain phénomène mondial.