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Santé : quand l’IA supplante le médecin dans le cœur des Européens
Face au coût croissant des consultations et à la recherche de réponses immédiates, de plus en plus de jeunes Européennes se tournent vers l’intelligence artificielle pour évaluer leurs symptômes


Doctor ChatGPT ou Docteur Lévi ? La question, encore provocatrice il y a quelques années, devient aujourd’hui une réalité statistique. Une étude menée en Europe auprès de 3 000 femmes révèle un basculement significatif : 36 % des 20-29 ans déclarent faire davantage confiance à un diagnostic fourni par une intelligence artificielle qu’à une consultation médicale en personne.
L’IA devient ainsi un premier réflexe santé. Près de 34 % des jeunes femmes interrogées affirment l’utiliser pour déterminer si leurs symptômes justifient réellement un rendez-vous médical — un chiffre deux fois plus élevé que chez les plus de 40 ans. Plus frappant encore : 40 % se disent prêtes à transmettre des données très sensibles, comme des photos de symptômes ou des informations relevant de leur historique sexuel, pour obtenir une réponse rapide et gratuite.
Derrière cette évolution se cache une motivation largement économique. La moitié des femmes sondées reconnaissent avoir déjà renoncé à consulter un médecin afin d’éviter les frais liés à la consultation ou au déplacement. Quatre sur dix attendent que leurs symptômes s’aggravent avant d’acheter un traitement. Une femme sur dix admet même se tourner vers l’IA ou l’automédication parce que la médecine privée est devenue trop coûteuse.
Cette transformation du rapport aux soins, particulièrement marquée chez les jeunes générations, traduit une défiance croissante envers le système de santé traditionnel, mais aussi une recherche d’accessibilité immédiate. L’IA offre disponibilité, anonymat et gratuité — trois arguments puissants dans un contexte d’instabilité financière.
Cependant, le recours massif à l’auto-diagnostic numérique n’est pas sans risques. Parmi les personnes ayant privilégié l’IA ou l’automédication, 13 % rapportent avoir ensuite développé un problème plus difficile à traiter. Un rappel que, malgré ses performances, l’intelligence artificielle ne remplace ni l’examen clinique ni l’expertise humaine.
La révolution numérique transforme la santé, mais le médecin demeure, pour l’instant, irremplaçable.