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Israël exporte sa recherche climatique sur le terrain africain
Une équipe israélienne du Weizmann Institute déploie un laboratoire mobile en Afrique pour étudier l’impact des changements environnementaux sur le climat.


Le Weizmann Institute of Science de Rehovot a lancé une mission scientifique inédite en Afrique de l’Est et australe avec un laboratoire climatique mobile installé sur un camion spécialement équipé.
L’objectif : combler l’un des plus grands manques de données mondiales sur les interactions entre les écosystèmes et l’atmosphère. Les chercheurs veulent mesurer les échanges continus de dioxyde de carbone, vapeur d’eau et énergie entre la végétation et l’air, afin de mieux comprendre les effets du changement d’usage des terres sur le climat.
Selon les chercheurs israéliens, ce laboratoire mobile pourrait être unique au monde.
Contrairement aux stations fixes utilisées dans la plupart des programmes climatiques, ce dispositif peut être déplacé entre différents environnements naturels afin de comparer les données recueillies.
Le projet est mené en coopération avec Fluxnet, un réseau international regroupant près de 600 sites de mesure, dont très peu sont situés en Afrique de l’Est.
Le professeur Dan Yakir, lauréat du Prix Israël et responsable du groupe d’écophysiologie du Weizmann Institute, explique que les tours fixes présentent certaines limites.
« Nous avions besoin de nous déplacer pour observer d’autres écosystèmes et des zones où l’usage des terres change rapidement », explique-t-il.
Après plusieurs années d’utilisation entre la Galilée et le Néguev, le camion-laboratoire a été modernisé puis acheminé par bateau jusqu’au Kenya.
En raison des risques sécuritaires en mer Rouge liés aux attaques des Houthis soutenus par l’Iran, le convoi scientifique a dû contourner une grande partie du continent africain avant d’atteindre Mombasa.
Depuis février, la mission a officiellement débuté au Kenya et doit s’étendre sur deux à trois ans à travers plusieurs pays, dont la Tanzanie, la Zambie, le Botswana et la Namibie. Les chercheurs étudieront des environnements variés, allant des savanes sèches aux forêts tropicales et nuageuses.
Les données recueillies doivent permettre d’aider les décideurs locaux à élaborer des politiques fondées sur des mesures scientifiques, tout en améliorant les modèles climatiques internationaux.
Le projet, soutenu par le Weizmann Institute et la Fondation israélienne pour la science, mobilise une dizaine de chercheurs israéliens qui alterneront des séjours d’un mois sur le continent africain.