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Iran : le blocus maritime américain paralyse les exportations de pétrole
Si Téhéran commence à réduire sa production, les analystes estiment toutefois que le régime reste prêt à supporter un lourd coût économique plutôt que de céder rapidement dans les négociations.


Le blocus maritime rétabli par les États-Unis contre les ports iraniens aurait pratiquement interrompu les exportations de pétrole brut de l'Iran, rapporte le Financial Times, s'appuyant sur des données de suivi maritime et des images satellites.
Selon le quotidien britannique, aucune cargaison de pétrole n'a été chargée depuis au moins une semaine sur l'île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien par lequel transitent près de 90 % des exportations de brut du pays. Les sociétés spécialisées Kpler, Energy Aspects et Windward indiquent que les trois quais de chargement sont restés vides depuis le 31 juillet.
Les données montrent également une forte baisse de l'activité maritime. Mardi, seulement 16 navires attendaient à proximité du terminal, soit le niveau le plus faible observé depuis le début du mois précédent. L'organisation United Against Nuclear Iran (UANI) affirme, de son côté, qu'aucun pétrolier chargé de brut iranien n'a quitté avec succès le golfe Persique depuis le 12 juillet.
Face à cette situation, Téhéran aurait commencé à réduire sa production de pétrole afin d'éviter la saturation des capacités de stockage sur l'île de Kharg. Les analystes estiment que cette baisse de production explique pourquoi les réservoirs de stockage ne se sont pas remplis malgré l'arrêt des exportations.
L'Iran continue néanmoins de percevoir des revenus grâce aux cargaisons expédiées avant le rétablissement du blocus. Selon UANI, une vingtaine de pétroliers battant pavillon iranien sont récemment arrivés dans les eaux malaisiennes, où leur pétrole est ensuite transféré vers des raffineries chinoises.
Les experts préviennent toutefois que cette source de revenus est appelée à s'épuiser dans les prochaines semaines. Plusieurs navires ayant déjà déchargé leur cargaison n'ont pas repris la route vers l'Iran et restent immobilisés dans les eaux internationales au large du Sri Lanka, d'Oman ou du Pakistan.
Malgré l'impact économique grandissant du blocus, plusieurs analystes occidentaux estiment que les dirigeants iraniens sont prêts à supporter des pertes financières importantes et ne devraient pas céder rapidement dans les négociations avec Washington.