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L'humoriste américain Bill Maher dénonce l’obsession anti-israélienne
Pour l’animateur de Real Time, c’est précisément l’incohérence des indignations sélectives qui révèle la nature antisémite de cette hostilité.


Dans un monologue diffusé vendredi soir dans son émission Real Time, sur HBO, le comédien et animateur américain Bill Maher s’en est pris à la vague d’antisémitisme qui traverse les États-Unis, visant aussi bien les campus, certaines figures médiatiques que la gauche démocrate. Fidèle à son ton caustique, il a dénoncé l'hypocrisie majeure : la focalisation quasi exclusive sur Israël, au détriment de régimes pourtant responsables de violations massives des droits humains, comme la Chine, l’Iran ou la Corée du Nord.
« C’est cette incohérence qui permet de comprendre qu’il s’agit d’antisémitisme », a lancé Bill Maher, avant de résumer la mécanique médiatique d’une formule appelée à devenir virale : « Pas de Juifs, pas d’actualité » (No Jews, No News). Selon lui, une partie de la jeunesse américaine, notamment la génération Z, a fait de l’hostilité à Israël une posture de mode, « le nouveau tee-shirt Che Guevara », adoptée sur les réseaux sociaux, dans les universités et jusque dans certains milieux culturels.
Maher a notamment cité des propos tenus par des professeurs d’universités prestigieuses qualifiant les sionistes de « bêtes assoiffées de sang », estimant que de telles déclarations auraient reçu l’approbation du propagandiste nazi Joseph Goebbels. Dans une autre saillie, il a ironisé : « Où est un laser spatial juif quand on en a besoin ? », détournant les théories complotistes antisémites pour mieux en souligner l’absurdité.
Sur le terrain politique, l’animateur a également ciblé le Parti démocrate, qu’il accuse de flatter un électorat de plus en plus hostile à Israël. Il s’est étonné de voir certains élus prendre leurs distances avec l’AIPAC, le puissant lobby pro-israélien, tout en acceptant sans embarras l’argent d’autres secteurs controversés. « Vous prenez de l’argent de la crypto, de l’agriculture industrielle et des géants de la tech, mais l’AIPAC, non ? », a-t-il lancé.
Ce monologue intervient alors qu’une nouvelle polémique secoue New York, après la publication par Zohran Mamdani d’un message sur la « Journée de la Nakba ». Pour plusieurs responsables juifs américains, ce type de discours alimente une lecture unilatérale de l’histoire et met directement en danger les Juifs.