- i24NEWS
- International
- Amérique
- Un rapport américain juge peu probable la chute du régime iranien
Un rapport américain juge peu probable la chute du régime iranien
Cette analyse intervient alors que Washington et Israël poursuivent leur campagne militaire contre la République islamique.


Un rapport classifié du National Intelligence Council (NIC), l’organe chargé de coordonner les analyses des agences de renseignement américaines, conclut qu’une guerre à grande échelle menée par les États-Unis contre l’Iran aurait peu de chances de renverser le régime en place. Les conclusions de ce document, confirmées au Washington Post par plusieurs sources proches du dossier, jettent un doute sur l’objectif affiché par l’administration de Donald Trump de restructurer la direction politique iranienne.
Selon ce rapport, même en cas d’attaque militaire massive visant les dirigeants iraniens ou les principales institutions du régime, l’appareil politique et militaire de la République islamique devrait parvenir à maintenir sa continuité au pouvoir. Les analystes estiment que les structures mises en place depuis des décennies par le système iranien sont conçues précisément pour survivre à ce type de choc.
Le document, finalisé environ une semaine avant le début de la guerre déclenchée le 28 février par les frappes américaines et israéliennes, examine plusieurs scénarios. Parmi eux figure l’éventualité de la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué lors des premières attaques du conflit. Dans cette hypothèse, le système iranien dispose de mécanismes institutionnels permettant d’assurer la succession et d’éviter un effondrement du pouvoir central.
La désignation d’un nouveau guide suprême revient théoriquement à l’Assemblée des experts, un puissant organe religieux. Toutefois, les Gardiens de la Révolution et d’autres institutions sécuritaires jouent également un rôle déterminant dans l’équilibre du pouvoir. Plusieurs observateurs évoquent la possibilité que Mojtaba Khamenei, fils de l’ancien guide suprême, soit choisi pour lui succéder, bien qu’aucune décision officielle n’ait été annoncée.
Le rapport souligne également que l’opposition iranienne apparaît trop fragmentée et insuffisamment organisée pour prendre le pouvoir, même en cas d’affaiblissement du régime. Les services de renseignement américains jugent « peu probable » qu’un mouvement populaire ou une coalition d’opposants parvienne à combler rapidement le vide politique.
Des experts interrogés par le journal estiment que cette évaluation reflète une compréhension approfondie du fonctionnement de la République islamique. Selon eux, malgré les frappes aériennes massives et les pertes militaires importantes, les institutions iraniennes conservent une forte capacité de contrôle interne.
Alors que la guerre entre dans sa deuxième semaine, l’administration Trump continue d’exiger une « capitulation inconditionnelle » de l’Iran et évoque ouvertement la possibilité d’influencer le choix du futur dirigeant du pays. Mais plusieurs spécialistes soulignent que la capacité de Washington à remodeler l’ordre politique iranien reste limitée, tant que les structures du régime demeurent intactes.
Pour de nombreux analystes, l’objectif principal de Téhéran reste désormais clair : préserver la survie du système politique, même affaibli par la guerre et les sanctions internationales.