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Arménie : une élection décisive entre l’Europe et la Russie
Le scrutin pourrait redessiner l’avenir géopolitique de ce pays du Caucase, soumis à de fortes pressions russes et encore marqué par la perte du Haut-Karabakh.


Les Arméniens votent ce dimanche lors d’un scrutin crucial qui pourrait déterminer l’orientation géopolitique du pays pour les années à venir. Le Premier ministre Nikol Pachinian brigue un nouveau mandat en défendant son rapprochement avec l’Occident, tandis que l’opposition plaide pour un retour à une coopération étroite avec la Russie.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2018, Pachinian a engagé l’Arménie sur la voie de l’intégration européenne, lancé le processus d’adhésion à l’Union européenne et accéléré les discussions de paix avec l’Azerbaïdjan. Cette stratégie lui a valu le soutien de plusieurs partenaires occidentaux, mais elle a également provoqué de fortes tensions avec Moscou.
Le principal point de discorde reste le Haut-Karabakh. De nombreux Arméniens reprochent au Premier ministre les concessions consenties après la reprise de l’enclave par l’Azerbaïdjan en 2023. Sa popularité, qui dépassait 50 % après les élections de 2021, est aujourd’hui tombée aux alentours de 30 % selon les sondages.
Face à lui se dresse notamment l’homme d’affaires Samvel Karapetian, milliardaire ayant fait fortune en Russie. Actuellement assigné à résidence pour des accusations de complot contre le gouvernement, il mène campagne par l’intermédiaire de ses proches.
L’élection se déroule sous l’ombre grandissante de la Russie. Ces dernières semaines, Moscou a multiplié les avertissements à l’égard d’Erevan, soulignant les risques économiques d’un rapprochement avec l’Europe. Dans le même temps, les autorités russes ont imposé plusieurs restrictions aux importations de produits arméniens, notamment les fleurs, les fruits, les légumes, l’eau minérale et le cognac.
Malgré ces pressions, l’Arménie poursuit sa diversification stratégique. Sa dépendance militaire à la Russie a fortement diminué ces dernières années, la majorité de ses équipements de défense provenant désormais de pays comme l’Inde, la France ou encore la Chine.
Au-delà d’un simple scrutin national, cette élection est perçue comme un choix historique entre deux orientations : poursuivre le rapprochement avec l’Occident ou renouer avec l’alliance traditionnelle avec Moscou.