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La Turquie envisage de rejoindre pleinement le bloc mené par la Chine et la Russie
Membre de l’OTAN, la Turquie pourrait approfondir ses relations avec l’Organisation de coopération de Shanghai, sans pour autant « rompre avec l’Occident », selon son président.


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi que son pays pourrait envisager une adhésion pleine et entière à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), un bloc politique et sécuritaire conduit notamment par la Chine et la Russie.
« La perspective d’une adhésion à part entière de la Turquie à l’organisation n’implique pas une rupture avec un autre bloc ni avec l’Occident », a-t-il assuré à des journalistes lors de son vol retour du Kirghizstan.
La Turquie, membre de l’OTAN depuis 1952, possède actuellement le statut de « partenaire de dialogue » au sein de l’OCS. Recep Tayyip Erdogan participait mardi au sommet de l’organisation organisé à Bichkek.
Un éventuel rapprochement avec l’OCS illustrerait la diplomatie d’équilibre menée par Ankara, qui entretient ses relations avec les puissances occidentales tout en renforçant ses liens avec Moscou et Pékin.
En marge du sommet, le président turc s’est entretenu avec son homologue russe Vladimir Poutine. Les deux dirigeants ont notamment évoqué la situation en mer Noire et la sécurité du transport maritime civil.
Recep Tayyip Erdogan a appelé à la création d’un mécanisme garantissant durablement la circulation des navires commerciaux, afin d’empêcher l’aggravation d’une nouvelle crise céréalière.
« Les combats entre les parties ne doivent pas atteindre un niveau qui menace la sécurité des civils et les activités commerciales », a-t-il déclaré.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait indiqué quelques jours plus tôt qu’Ankara avait préparé un plan destiné à sécuriser le transport des céréales en mer Noire. La Turquie serait en contact avec la Russie et l’Ukraine à ce sujet.
En juillet 2022, la Turquie et les Nations unies avaient négocié l’Initiative céréalière de la mer Noire. Cet accord avait permis l’exportation de près de 33 millions de tonnes de céréales ukrainiennes malgré la guerre.
La Russie s’en était retirée en 2023, affirmant que ses propres exportations de produits alimentaires et d’engrais continuaient de rencontrer d’importants obstacles.
Moscou paraît toutefois réticent à relancer ce dispositif. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, a déclaré mercredi ne voir aucune raison permettant une reprise de l’accord dans sa forme précédente.