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Les puces Nvidia, instrument de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan
Pour favoriser la conclusion d’un accord entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, Washington aurait promis à Erevan un accès élargi aux processeurs d’intelligence artificielle de Nvidia


Selon une information publiée par le Wall Street Journal, l’administration Trump aurait utilisé l’accès à des puces Nvidia de pointe comme levier diplomatique pour faciliter la conclusion d’un accord de paix préliminaire entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en août 2025. Au cœur de cette stratégie figure le projet « Firebird », un centre de données de plus de 5 milliards de dollars qui doit être construit à Hrazdan, en Arménie. Le site devrait accueillir environ 70 000 serveurs Nvidia de nouvelle génération, notamment fondés sur les architectures Grace Blackwell et Vera Rubin, et nécessiter une puissance électrique de 300 mégawatts.
D’après le Wall Street Journal, les négociateurs américains auraient lié les perspectives de cet investissement à l’accès de l’Arménie aux technologies américaines d’intelligence artificielle. Après la conclusion de l’accord préliminaire, les États-Unis auraient autorisé l’exportation de dizaines de milliers de puces Nvidia GB300 vers le pays. Cette décision représenterait un changement d’échelle par rapport aux autorisations précédentes, plus limitées, et illustrerait l’émergence d’une nouvelle forme de « diplomatie des puces », dans laquelle les technologies stratégiques deviennent des instruments de négociation internationale.
Le volet infrastructurel de l’accord repose également sur le « Trump Route for International Peace and Prosperity ». Ce corridor doit relier l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan en traversant le territoire arménien. Sa construction, prévue à partir du début de 2027, devrait inclure des voies ferrées, des routes et des pipelines. Le projet ambitionne de transformer les échanges commerciaux et énergétiques dans le Caucase du Sud, tout en créant une interdépendance économique entre les différents acteurs de la région.
Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump, qui chercherait à utiliser l’accès aux infrastructures numériques et aux capacités souveraines de calcul comme outil d’influence diplomatique. Des initiatives comparables auraient été envisagées ou négociées avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Washington mise ainsi sur les investissements technologiques pour favoriser la stabilité politique, attirer les capitaux et ancrer durablement ses partenaires dans son écosystème industriel et numérique.
Dans cet échiquier régional, Israël constitue également un partenaire stratégique important de l’Azerbaïdjan. Les deux pays entretiennent des relations étroites, notamment dans les domaines de la défense, de l’énergie et du renseignement. Pour Jérusalem, une stabilisation du Caucase du Sud pourrait contribuer à limiter l’influence iranienne dans une région située à proximité de ses frontières et de celles de ses partenaires.