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Navalny empoisonné avec une toxine de grenouille : Londres et ses alliés accusent le Kremlin
Londres estime que seule la Russie disposait des moyens et du mobile pour recourir à une telle substance, une accusation que le Kremlin n’a pas encore commentée.


L’opposant russe Alexeï Navalny est mort en détention après avoir été empoisonné avec une toxine extrêmement puissante issue de grenouilles d’Équateur, ont affirmé samedi le Royaume-Uni et plusieurs alliés européens en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich. Selon Londres, Stockholm et d’autres partenaires, des analyses scientifiques ont permis d’identifier dans son organisme l’épibatidine, un neurotoxique classé parmi les armes chimiques, réputé environ 200 fois plus puissant que la morphine.
Yulia Navalnaïa, veuve du dissident, est apparue visiblement émue lors d’une conférence de presse aux côtés des ministres des Affaires étrangères britannique, allemand, suédois et néerlandais. « Ce n’est plus seulement une conviction, c’est une preuve scientifique », a-t-elle déclaré, rappelant que son mari, principal opposant à Vladimir Poutine, était détenu dans une colonie pénitentiaire en Sibérie lorsqu’il est décédé le 16 février 2024.
La cheffe de la diplomatie britannique, Yvette Cooper, a estimé que « seul le gouvernement russe avait les moyens, le mobile et l’opportunité » d’utiliser une telle substance en prison, dénonçant une tentative « barbare » de réduire Navalny au silence. Les conclusions doivent être transmises à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Les autorités russes avaient jusqu’ici attribué la mort de l’opposant à des « maladies combinées », évoquant notamment des troubles cardiaques. Le Kremlin n’a pas immédiatement réagi à ces nouvelles accusations.
Navalny avait déjà survécu en 2020 à un empoisonnement au Novitchok, un agent neurotoxique attribué aux services russes, avant d’être arrêté à son retour en Russie. Sa mort en détention avait suscité une vague d’indignation internationale.