- i24NEWS
- International
- Paris veut relancer les visas pour l'Algérie
Paris veut relancer les visas pour l'Algérie
L'un des principaux objectifs affichés est un retour au niveau d'avant-crise en matière de visas.


Deux mois après son retour à Alger, l'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, affiche clairement sa feuille de route : relancer les relations franco-algériennes et tourner la page de la crise diplomatique qui a profondément dégradé les échanges entre les deux pays, révèle Le Figaro. Dans un entretien accordé au média algérien Tout sur l'Algérie (TSA), le diplomate affirme vouloir remettre la coopération « sur les rails » dans les domaines de la sécurité, de la justice, de l'immigration et de l'économie.
L'un des principaux objectifs affichés est un retour au niveau d'avant-crise en matière de visas. Avant la rupture diplomatique, la France délivrait environ 250.000 visas par an aux ressortissants algériens. Paris souhaite désormais retrouver ce rythme, alors même que les restrictions avaient été renforcées en 2025 dans un contexte de tensions liées aux refus d'Alger de reprendre certains ressortissants visés par des OQTF, ainsi qu'aux affaires Boualem Sansal et Christophe Gleizes.
Selon Le Figaro, cette volonté de normalisation ne s'accompagne toutefois d'aucune contrepartie officiellement annoncée, suscitant les critiques de plusieurs responsables politiques français. Bruno Retailleau et François-Xavier Bellamy dénoncent notamment une reprise des visas sans garanties supplémentaires concernant la coopération migratoire de l'Algérie.
Au-delà de l'immigration, Paris et Alger multiplient les gestes d'apaisement. Les échanges entre ministres ont repris, la coopération judiciaire et sécuritaire est relancée, notamment dans la lutte contre le narcotrafic et les dossiers des biens mal acquis. Les relations économiques connaissent également un redémarrage avec la reprise des contacts entre les milieux d'affaires et les discussions autour de la réouverture de l'usine Renault d'Oran.
En revanche un sujet sensible est resté absent de l'entretien : le sort du journaliste français Christophe Gleizes, condamné en Algérie à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », n'a pas été évoqué publiquement par l'ambassadeur malgré la poursuite de sa détention.