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Russie : Moscou intensifie ses opérations de "zone grise" contre l’Europe
Une stratégie qui viserait à fragiliser le soutien occidental à l’Ukraine et à tester la cohésion de l’OTAN.


La Russie multiplierait les opérations dites de « zone grise » contre les alliés européens de l’Ukraine, entre incursions de drones, sabotages, cyberattaques et actes d’espionnage, rapporte le Wall Street Journal. Cette stratégie viserait notamment à semer la peur et à fragiliser le soutien occidental à Kiev.
Selon plusieurs responsables européens cités par le quotidien américain, l’intensité de ces actions s’est accrue ces derniers mois, alors que l’armée russe peine à progresser significativement sur le terrain en Ukraine et que Kiev mène des frappes de plus en plus profondes contre les infrastructures énergétiques et industrielles russes.
Parmi les incidents recensés figurent la découverte de trois drones explosifs dans ou à proximité d’un aéroport allemand, dont l’un sous un avion-cargo ukrainien, ainsi que plusieurs violations de l’espace aérien de l’OTAN. Un drone russe a récemment été abattu au-dessus de la Roumanie. Les services néerlandais ont également alerté sur des opérations de piratage de caméras connectées afin de surveiller les flux d’aide vers l’Ukraine.
Le centre ukrainien Sahaidachnyi estime que les incidents documentés liés à la Russie sont passés d’un maximum d’environ dix par mois depuis 2024 à près de quinze mensuels depuis avril.
Les autorités européennes soupçonnent également Moscou de recruter des agents locaux via Telegram ou d’autres réseaux sociaux pour mener des actes de sabotage, d’espionnage ou de vandalisme. Plusieurs explosions et incendies sur des sites liés à la défense en Europe ont récemment suscité des soupçons, sans que la responsabilité russe ait toujours été établie.
Pour l’OTAN, cette montée en puissance traduit une prise de risque croissante de Moscou. De nouveaux renseignements américains estiment même que la Russie pourrait, dans les prochaines années, tester la détermination de l’Alliance par une cyberattaque majeure ou une incursion limitée sur le territoire d’un État membre.
Le Kremlin rejette ces accusations et affirme qu’elles servent à justifier la militarisation de l’Europe contre la Russie.