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Spécial week-end | Argent noir, pétrole clandestin et missiles : le "navire fantôme" économique entre la Chine et l’Iran
Malgré les sanctions internationales, l’Iran continue de tirer des milliards de dollars de ses exportations clandestines de pétrole vers la Chine.


Alors que l’attention internationale reste concentrée sur les affrontements impliquant l’Iran, un autre front, beaucoup plus discret, permettrait à Téhéran de maintenir d’importantes ressources financières : celui du « shadow fleet », cette flotte de pétroliers utilisée pour contourner les sanctions internationales.
Selon une enquête d’i24NEWS, s’appuyant notamment sur des estimations de la commission américaine USCC, près de 31 milliards de dollars auraient transité de la Chine vers l’Iran en 2025 en échange de pétrole échappant aux statistiques officielles. Ces revenus constitueraient une source essentielle de financement pour les programmes militaires iraniens et, indirectement, pour les organisations soutenues par Téhéran, notamment le Hezbollah et les Houthis.
Le mécanisme repose notamment sur des pétroliers qui désactivent leurs systèmes de suivi et effectuent des transferts de cargaison de navire à navire en pleine mer, avant d’acheminer le brut vers des raffineries privées chinoises.
Cette coopération économique s’inscrit dans le prolongement de l’accord stratégique de 25 ans signé en 2021 entre Pékin et Téhéran. Si les investissements chinois annoncés à l’époque n’ont pas tous été concrétisés, le commerce pétrolier, lui, s’est fortement développé. Selon Kpler, la Chine importerait aujourd’hui environ 1,4 million de barils de pétrole iranien par jour, à des prix inférieurs au marché.
L’enjeu dépasse largement le commerce énergétique. Selon une récente alerte du FinCEN, plus de la moitié des revenus pétroliers iraniens de 2025 auraient été affectés aux forces armées du pays. Le Trésor américain accuse également Téhéran d’utiliser ces recettes pour financer ses alliés régionaux.
Enfin, une analyse du FDD estime que le Hezbollah a réussi à réunir plus d’un milliard de dollars pour reconstruire ses capacités après les lourdes pertes subies en 2025, en grande partie grâce à des fonds liés aux Gardiens de la Révolution.