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Australie : un festival littéraire menacé d'annulation après la déprogrammation d’une auteure palestinienne
Près de 50 écrivains ont annoncé leur retrait du festival, prévu du 28 février au 5 mars


L’Adelaide Writers’ Week, l’un des festivals littéraires les plus prestigieux d’Australie, traverse une crise majeure après avoir retiré de sa programmation l’écrivaine et universitaire palestino-australienne Randa Abdel-Fattah. Les organisateurs ont justifié leur décision en invoquant le caractère « culturellement inapproprié » de sa participation dans le contexte du récent attentat antisémite de Bondi.
Dans un communiqué, le conseil d’administration du festival a précisé qu’il n’établissait « aucun lien » entre les écrits ou les propos de Randa Abdel-Fattah et la tragédie de Bondi, mais estimait néanmoins que, « compte tenu de ses déclarations passées », sa présence pourrait être perçue comme inappropriée dans une période aussi sensible. Une décision qui, reconnaissent les organisateurs, risque de « décevoir » et de « créer un malaise » au sein de la communauté littéraire.
La réaction du monde des lettres a été immédiate. Près de 50 écrivains ont annoncé leur retrait du festival, prévu du 28 février au 5 mars, selon le Guardian. Parmi eux figurent des figures internationales de premier plan, telles que la Britannique Zadie Smith, l’Américain Percival Everett, le penseur grec Yanis Varoufakis ou encore l’écrivaine M. Gessen.
Randa Abdel-Fattah a vivement dénoncé ce qu’elle qualifie de « censure raciste et anti-palestinienne ». Dans une déclaration publiée sur le réseau X, elle a accusé le festival de tenter de l’associer au massacre de Bondi et d’exclure les voix palestiniennes jugées trop critiques. Elle a exigé des excuses publiques, le rétablissement de son invitation et une prise de responsabilité de la part des organisateurs.
Quelques jours après l’attentat, l’auteure avait publié un message sur Instagram dénonçant, selon ses termes, « l’instrumentalisation politique d’un acte antisémite pour renforcer le racisme anti-palestinien ». Des propos qui, sans être explicitement cités par le festival, semblent avoir pesé dans la décision.
Figure clivante du débat public australien, Randa Abdel-Fattah est connue pour ses positions radicalement critiques envers Israël, qu’elle accuse de mener un « génocide » à Gaza. En avril 2024, elle avait suscité une vive controverse en organisant une marche d’enfants vers un campement pro-palestinien à l’Université de Sydney, événement dénoncé par ses détracteurs comme une instrumentalisation de mineurs.