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Thaïlande : manifestation à Pukhet pour réclamer des mesures contre les touristes israéliens
Des protestataires demandent de limiter à 15 jours la durée des visas touristiques accordés aux Israéliens et d’examiner la possibilité de restreindre leur nombre


A Phuket, en Thaïlande, la question du comportement des touristes étrangers prend une tournure de plus en plus politique. Vendredi, plusieurs centaines d’habitants, commerçants et professionnels du tourisme se sont rassemblés à Patong pour réclamer un contrôle plus strict des visiteurs qui enfreignent les lois ou les usages locaux. Si la mobilisation se voulait officiellement générale, les touristes israéliens ont occupé une place centrale dans les critiques.
Le rassemblement, organisé au parc Loma par le Phuket Land Protection Group, a réuni environ 150 personnes selon The Phuket News, et jusqu’à 200 ou 300 selon d’autres médias locaux. Des chauffeurs de tuk-tuk, guides, hôteliers et commerçants ont pris la parole pour raconter des incidents qu’ils attribuent à certains visiteurs étrangers : refus de payer dans des restaurants, dégradations, altercations ou comportements agressifs.
Les Israéliens ont été fréquemment cités. Des organisateurs ont évoqué des conflits avec des chauffeurs, des actes de vandalisme ou encore des comportements jugés irrespectueux.
Une autre critique porte sur la présence croissante d’Israéliens qui séjourneraient longtemps sur l’île et utiliseraient principalement des hébergements, restaurants et services gérés par leurs compatriotes. Certains professionnels locaux estiment que cette économie parallèle limite les retombées du tourisme pour les entreprises thaïlandaises et permet à des étrangers de développer sur place des activités commerciales concurrentes.
Un intervenant a ainsi demandé au gouvernement de limiter à 15 jours la durée des visas touristiques accordés aux Israéliens et d’examiner la possibilité de restreindre leur nombre. Il ne s’agit à ce stade que d’une revendication locale : ni le gouvernement thaïlandais ni les services d’immigration n’ont annoncé de mesure de ce type.
Des participants ont également évoqué les centres Habad de la région, demandant que leurs activités soient soumises aux mêmes règles que celles applicables aux autres structures religieuses ou communautaires.
Les organisateurs ont pris soin d’affirmer que leur mouvement ne visait pas une nationalité en particulier et que leurs critiques concernaient tous les étrangers qui ne respecteraient pas les règles locales. Des touristes français, notamment des groupes de motards, ont également été mentionnés. Dans la couverture médiatique thaïlandaise, les Israéliens sont néanmoins apparus comme la principale cible du mécontentement.
Le député de Phuket Chalermpong Sangdee a appelé à éviter toute stigmatisation collective. Il a estimé que le véritable problème résidait dans l’application insuffisante de la loi, ainsi que dans d’éventuels phénomènes de corruption, de complaisance ou de recours à des prête-noms thaïlandais pour contourner les règles commerciales.
Selon lui, chaque infraction doit être examinée individuellement, sur la base de faits établis, et les sanctions doivent s’appliquer de la même manière aux Thaïlandais comme aux étrangers.
À ce stade, aucune restriction spécifique contre les touristes israéliens n’a donc été décidée. Mais la manifestation de Patong illustre une crispation croissante autour du tourisme étranger à Phuket, dans laquelle les visiteurs israéliens se retrouvent désormais particulièrement exposés.