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Affaire Pegasus : deux anciens chefs du renseignement inculpés en Pologne
Deux anciens chefs des services de renseignement polonais ont été inculpés pour avoir utilisé le logiciel espion sans les accréditations de sécurité requises.


Deux anciens responsables des services de renseignement polonais ont été inculpés pour leur recours au logiciel espion israélien Pegasus, une affaire qui ravive les tensions politiques autour de l’usage de technologies de surveillance sensibles en Pologne.
Selon le parquet national, les ex-directeurs de l’Agence de sécurité intérieure (ABW) et du Service de contre-espionnage militaire (SKW) sont poursuivis pour manquement à leurs obligations officielles. Ils encourent jusqu’à trois ans de prison. Les procureurs estiment que le système Pegasus ne disposait pas des accréditations de sécurité informatique requises et qu’il aurait pu compromettre des informations classifiées.
D’après un communiqué officiel, les deux responsables auraient utilisé ce logiciel « en étant conscients du risque de compromission » des activités de leurs agences, y compris des données classées « secret » ou « top secret ». Conformément au droit polonais sur la protection de la vie privée, leurs noms de famille n’ont pas été rendus publics par le parquet. Toutefois, l’ancien chef du SKW, Maciej Materka, s’est identifié lui-même sur les réseaux sociaux, dénonçant des poursuites qu’il juge infondées.
Piotr P. avait dirigé l’ABW entre 2015 et 2016, tandis que Maciej Materka était à la tête du SKW de 2018 à 2022. Tous deux ont exercé leurs fonctions sous les gouvernements du parti nationaliste Droit et Justice (PiS).
L’affaire Pegasus empoisonne la vie politique polonaise depuis plusieurs années. Le gouvernement actuellement en place affirme que le logiciel aurait également été utilisé pour surveiller des figures de l’opposition avant l’alternance de 2023. L’utilisation présumée de cet outil de surveillance, développé par la société israélienne NSO Group et officiellement destiné à la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, suscite des interrogations récurrentes en Europe quant à son encadrement juridique et au respect des libertés publiques.