- i24NEWS
- International
- Europe
- Le chancelier allemand affirme que les États-Unis sont "humiliés par les dirigeants iraniens"
Le chancelier allemand affirme que les États-Unis sont "humiliés par les dirigeants iraniens"
Il a dénoncé une stratégie américaine qu’il juge illisible et inefficace, révélatrice des tensions croissantes entre alliés occidentaux.


Le chancelier allemand Friedrich Merz a vivement critiqué la conduite des États-Unis face à l’Iran, estimant que la République islamique « humilie » Washington dans le cadre du conflit en cours. S’exprimant devant des étudiants à Marsberg, le dirigeant a dénoncé une stratégie américaine qu’il juge illisible et inefficace, révélatrice des tensions croissantes entre alliés occidentaux.
« Les Iraniens sont manifestement très habiles pour négocier, ou plutôt pour ne pas négocier », a-t-il déclaré, évoquant des déplacements de responsables américains jusqu’à Islamabad restés sans résultat tangible. « Une nation entière est humiliée par les dirigeants iraniens, en particulier par ces soi-disant Gardiens de la révolution », a-t-il ajouté, dans une critique d’une rare fermeté à l’égard de Washington.
Ces propos traduisent le malaise grandissant au sein des partenaires européens de l’OTAN, déjà éprouvés par les divergences sur l’Ukraine et d’autres dossiers stratégiques. Friedrich Merz a par ailleurs affirmé ne pas discerner de « stratégie de sortie » claire du côté américain dans la guerre contre l’Iran, soulignant le risque d’un enlisement comparable aux conflits en Irak et en Afghanistan.
Le chancelier a également regretté que les Européens, et notamment l’Allemagne, n’aient pas été consultés en amont des frappes lancées par les États-Unis et Israël le 28 février. Il affirme avoir fait part de son scepticisme au président Donald Trump, laissant entendre qu’il aurait adopté un ton plus ferme s’il avait anticipé une escalade prolongée.
Enfin, Friedrich Merz a alerté sur la situation dans le détroit d’Ormuz, qu’il juge partiellement miné. L’Europe, a-t-il indiqué, s’est dite prête à contribuer à la sécurisation de cette voie maritime stratégique, Berlin proposant l’envoi de dragueurs de mines, signe d’une inquiétude croissante face aux répercussions économiques du conflit.