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Les autorités sous le feu des critiques après l'attaque contre la Marche des fiertés de Berlin
Le principal suspect, déjà condamné pour préparation d'un acte de violence et connu pour sa radicalisation islamiste, avait bénéficié d'une peine avec sursis quelques semaines avant le drame.


Les autorités allemandes sont vivement critiquées après l'attaque perpétrée samedi en marge de la Marche des fiertés de Berlin. De nombreuses voix s'interrogent sur les raisons pour lesquelles Abdul Ballout, 21 ans, était en liberté malgré sa radicalisation islamiste et une récente condamnation pour préparation d'un acte de violence.
Selon les enquêteurs, le suspect a lancé un minibus de location contre la foule près du parc du Tiergarten avant de s'en prendre à plusieurs personnes avec une machette. L'attaque a fait une morte et 29 blessés.
En mai dernier, Ballout avait pourtant été condamné à un an et dix mois de prison pour avoir préparé « un grave acte de violence contre la sûreté de l'État ». Toutefois, la justice avait prononcé une peine avec sursis, tenant compte du temps déjà passé en détention au Liban et en Allemagne, ainsi que de ses aveux et de ses déclarations affirmant avoir rompu avec l'organisation État islamique.
Cette décision suscite aujourd'hui une vive polémique. Marc Henrichmann, député de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et président de la commission parlementaire chargée du contrôle des services de renseignement, a estimé que des mesures plus strictes étaient indispensables. Selon lui, « les libertés des extrémistes et des islamistes ne doivent pas primer lorsque des vies sont en danger ».
Même tonalité du côté de Dirk Peglow, président de l'association des policiers allemands, qui juge que la justice a fait preuve de trop de clémence. Il estime que la surveillance de l'État ne devrait pas s'interrompre à la fin d'une détention pour des individus considérés comme dangereux.
Le ministre bavarois de l'Intérieur, Joachim Herrmann, a quant à lui qualifié la décision de suspendre la peine de Ballout de « catastrophique », rappelant que les magistrats doivent pleinement mesurer leur responsabilité en matière de sécurité publique.