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Royaume-Uni : des élections sous haute tension ce jeudi pour Keir Starmer
Les élections de jeudi pourraient fragiliser davantage Keir Starmer, déjà contesté au sein du Parti travailliste et affaibli par une économie difficile.


Les électeurs britanniques sont appelés aux urnes jeudi pour des élections locales et régionales qui pourraient accentuer la crise politique autour du Premier ministre Keir Starmer. Deux ans après son arrivée au pouvoir, le dirigeant travailliste aborde cet examen dans une position délicate, entre impopularité, difficultés économiques et tensions internes à son parti.
Le Parti travailliste devrait subir de lourdes pertes dans les conseils locaux en Angleterre, ainsi que dans les assemblées semi-autonomes d'Écosse et du Pays de Galles. Les oppositions présentent déjà ce vote comme un test national pour Keir Starmer et son gouvernement. Le parti Reform UK de Nigel Farage, classé à droite radicale, a d'ailleurs fait de ce scruter un référendum anti-Starmer avec un message simple : sanctionner le Premier ministre dans les urnes.
La situation est d'autant plus préoccupante pour Keir Starmer que son autorité a été fragilisée par plusieurs décisions contestées. Sa nomination de Peter Mandelson au poste d'ambassadeur britannique à Washington, malgré les liens de ce dernier avec Jeffrey Epstein, a provoqué une vive crise politique et ravivé les critiques au sein du Parti travailliste. Certains députés travaillistes l'avaient déjà appelé à démissionner plus tôt cette année.
À ces polémiques s’ajoute un contexte économique difficile. Le gouvernement peine à convaincre les électeurs qu'il peut relancer la croissance, améliorer les services publics et répondre à la hausse du coût de la vie. La guerre entre Israël, les États-Unis et l'Iran a encore compliqué la situation, notamment en raison des perturbations sur les livraisons de pétrole via le détroit d'Ormuz.
Si les pertes travaillistes sont importantes, la pression pourrait s'intensifier sur Keir Starmer. Plusieurs noms circulent déjà comme possibles successeurs en cas de révolte interne, parmi lesquels le ministre de la Santé Wes Streeting, l'ancienne vice-Première ministre Angela Rayner ou encore Andy Burnham, le maire du Grand Manchester. Pour lancer une véritable contestation, un candidat doit toutefois obtenir le soutien d'un nombre important de députés travaillistes.
Ces élections pourraient aussi confirmer une transformation plus profonde de la vie politique britannique. Pendant des décennies, le Royaume-Uni a été dominé par l'alternance entre travailleurs listes et conservateurs. Mais les sondages montrent désormais une fragmentation croissante, avec la progression de Reform UK, des Verts, des Libéraux-démocrates et des partis nationalistes écossais et gallois.
Au Pays de Galles, le Parti travailliste pourrait même être relégué derrière Plaid Cymru et Reform UK, un revers historique dans une région qu'il domine depuis près d'un siècle. En Écosse, le Parti national écossais espère conserver le pouvoir et relancer la question d'un nouveau référendum sur l'indépendance.
Pour Keir Starmer, l’enjeu dépasse donc largement le simple résultat local. Une sévère défaite pourrait renforcer l'idée que son leadership est devenu un fardeau pour les travailleurslistes. Les prochaines élections générales ne sont pas prévues avant 2029, mais la menace la plus immédiate pour le Premier ministre pourrait venir de son propre camp.