- i24NEWS
- International
- Europe
- Royaume-Uni : Keir Starmer sous pression, le Labour au bord de la fracture
Royaume-Uni : Keir Starmer sous pression, le Labour au bord de la fracture
Fragilisé par une fronde interne après les mauvais résultats du Labour aux élections locales, Keir Starmer refuse de quitter Downing Street.


Fragilisé par une fronde interne grandissante, Keir Starmer tente de s’accrocher à Downing Street. Le Premier ministre britannique a affirmé mardi vouloir « continuer à gouverner », malgré les appels à sa démission venus de son propre camp après des élections locales désastreuses pour le Labour. Selon la BBC, 86 députés travaillistes sur 403 réclament désormais son départ, tandis que quatre secrétaires d’État ont quitté leurs fonctions en signe de défiance.
La contestation reste toutefois loin d’être unanime. Plus de 100 députés travaillistes ont signé une lettre de soutien à Keir Starmer, estimant que « ce n’est pas le moment d’engager une procédure de contestation de la direction » du parti. Pour l’heure, aucun candidat ne s’est officiellement déclaré contre lui. Or, pour déclencher une procédure interne, il faudrait qu’un prétendant obtienne le soutien d’au moins 81 députés, soit 20 % du groupe parlementaire travailliste.
Le malaise s’est aggravé après le discours de lundi, censé relancer son mandat mais jugé insuffisant par ses critiques. Ceux-ci lui reprochent ses revirements, ses faux pas politiques et plusieurs polémiques, notamment autour de la nomination contestée de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington. Surtout, les élections locales ont confirmé l’érosion du Labour : le parti a reculé face à Reform UK de Nigel Farage dans ses bastions populaires du nord de l’Angleterre et du pays de Galles, tandis que les Verts lui ont pris des voix à Londres.
Keir Starmer et ses soutiens mettent en garde contre le risque d’un nouveau chaos politique, après les années d’instabilité conservatrice. Le Premier ministre souligne aussi le « coût économique réel » de cette crise, alors que les taux d’intérêt des emprunts d’État ont atteint 5,8 %, un niveau inédit depuis 1998.
En cas de départ, il n’y aurait pas d’élections législatives automatiques : un nouveau chef du Labour deviendrait Premier ministre. Les noms de Wes Streeting, Andy Burnham et Angela Rayner circulent déjà. Mais pour l’instant, Starmer tient bon, à la tête d’un parti profondément divisé.