- i24NEWS
- International
- Europe
- Spécial week-end | Dix ans après la crise migratoire, quelle influence reste-t-il à la droite européenne ?
Spécial week-end | Dix ans après la crise migratoire, quelle influence reste-t-il à la droite européenne ?
Si les partis nationalistes ont réussi à imposer les thèmes de l’immigration, de l’identité et de la souveraineté, leur accession au pouvoir les a souvent contraints à davantage de pragmatisme.


Dix ans après la crise migratoire de 2015, qui avait profondément bouleversé le paysage politique européen, la réalité de 2026 apparaît bien plus nuancée que ne le laissaient présager les scénarios les plus alarmistes. Une fois aux responsabilités, plusieurs formations de droite radicale ont dû composer avec les contraintes du pouvoir, tandis que leurs adversaires politiques adoptaient eux-mêmes des positions plus fermes sur les questions migratoires. »
L’un des phénomènes majeurs de la dernière décennie réside dans l’évolution des partis traditionnels. Face aux inquiétudes liées à l’immigration, à l’identité nationale et à la sécurité, de nombreux gouvernements de centre droit et même certains partis modérés ont durci leur discours et leurs politiques. Cette stratégie a progressivement privé les formations populistes de leur principal avantage électoral.
Aux Pays-Bas, Geert Wilders a remporté une victoire électorale historique en 2023, mais son arrivée aux portes du pouvoir l’a contraint à modérer plusieurs de ses propositions afin de préserver les équilibres de coalition. En Italie, Giorgia Meloni a également adopté une approche plus pragmatique que celle affichée durant sa campagne, privilégiant la stabilité économique et les relations avec l’Union européenne.
En Allemagne, l’AfD continue de progresser dans les urnes et influence fortement le débat public, notamment sur les questions migratoires. Toutefois, les mécanismes institutionnels et le refus des autres partis de gouverner avec elle limitent encore son accès au pouvoir.
À l’inverse, l’Espagne demeure une exception. Le gouvernement de Pedro Sánchez poursuit une politique migratoire plus ouverte, en rupture avec la tendance observée dans plusieurs pays européens.
Au final, l’Europe n’a pas connu la révolution politique annoncée par certains. La droite a incontestablement déplacé le centre de gravité du débat public, mais elle a aussi été transformée par l’exercice du pouvoir. En 2026, elle apparaît davantage comme une composante durable du paysage politique européen que comme une force capable de renverser l’ordre établi.