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Pièces chinoises, modèle iranien : les Houthis tenteraient de fabriquer un missile capable d’atteindre Israël
Le groupe yéménite chercherait à produire une version du missile iranien Kheibar Shekan, d’une portée estimée à près de 1 900 kilomètres, selon le Wall Street Journal.


Selon une enquête de Conflict Armament Research rapportée par le Wall Street Journal, les Houthis chercheraient à produire au Yémen un missile balistique de moyenne portée à l’aide de composants chinois. L’arme serait conçue sur le modèle du Kheibar Shekan iranien, un missile guidé de précision. Sa portée potentielle, estimée à près de 1 900 kilomètres, permettrait de viser Israël et l’ensemble de l’Arabie saoudite.
Pour établir ses conclusions, CAR a examiné des équipements saisis par les autorités yéménites dans plusieurs cargaisons. Dissimulées parmi des marchandises diverses, les pièces comprenaient des éléments du fuselage et du moteur, des ailerons ainsi que des matériaux destinés à protéger le missile des fortes températures en vol. Certaines pièces sont exclusivement militaires ; d’autres peuvent avoir un usage civil ou militaire.
Le Wall Street Journal estime la portée du missile à environ 1 200 miles, soit près de 1 930 kilomètres. Le Kheibar Shekan iranien, présenté à Téhéran en 2022, est un missile à combustible solide, mobile et guidé avec précision.
Une fabrication locale encore incertaine
Les saisies attestent l’existence d’un approvisionnement en composants et d’un projet de fabrication, mais ne permettent pas de confirmer que les Houthis ont produit un missile opérationnel. Fabian Hinz, analyste principal chez CAR, a expliqué au Wall Street Journal que le camouflage des sites militaires du mouvement rendait difficile l’évaluation de l’avancement du programme.
Dans une étude plus large, CAR a recensé plus de 800 composants de missiles et de drones récupérés lors d’interceptions maritimes en mer Rouge en 2024 et 2025. L’organisation y fait état de livraisons continues de matériel d’origine iranienne aux Houthis. Ces éléments témoignent de liens d’approvisionnement avec Téhéran, sans établir une participation directe de l’Iran à la conception ou à la fabrication du missile évoqué.
Les documents de transport consultés par les enquêteurs mentionnent par ailleurs un fabricant chinois spécialisé dans les pièces métalliques de précision, dont le nom n’a pas été révélé. Rien ne permet, à ce stade, de conclure à une implication directe des autorités chinoises ou à leur connaissance de la destination finale des composants. Pékin affirme respecter l’embargo des Nations unies sur les ventes d’armes aux Houthis.
Si le projet aboutit, il pourrait renforcer les capacités militaires du mouvement, qui s’est progressivement doté de moyens de production locaux et de réseaux d’approvisionnement internationaux. Mais, à ce stade, les informations disponibles décrivent une tentative de fabrication et non la mise en service d’un nouveau missile.