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Une vidéo attribuée à Téhéran simule des frappes contre des bases militaires en France et en Europe
Relayée sur les réseaux sociaux, cette vidéo aux accents menaçants illustre les méthodes d’intimidation et d’ingérence du régime iranien, selon le spécialiste Emmanuel Razavi.

La France est-elle devenue une cible prioritaire du régime iranien en Europe ? Une nouvelle vidéo de propagande, présentée comme provenant de Téhéran et relayée le 3 novembre sur X par la journaliste Maneli Mirkhan, met en scène des frappes contre plusieurs installations militaires européennes : la base aérienne d’Istres, en France, RAF Fairford, au Royaume-Uni, et Erndtebrück, en Allemagne. Le clip appelle également les populations européennes au soulèvement.
Reprise par des médias israéliens, cette vidéo, dont l’origine exacte n’a pas pu être authentifiée de manière indépendante, s’inscrit dans un climat de menaces croissantes attribuées à la République islamique.
Pour Emmanuel Razavi, grand reporter franco-iranien, spécialiste du Moyen-Orient et auteur de La Pieuvre de Téhéran, cette stratégie repose sur deux leviers complémentaires : l’intimidation et l’ingérence : « La France est une cible privilégiée de l’Iran ». Selon lui, Téhéran considère Paris comme un adversaire stratégique en raison de son poids diplomatique et militaire. « Aux yeux des dirigeants du régime iranien, la France est le pays qui a le plus d’influence en Europe », expliquait-il également devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, en octobre 2025.
Mais la pression iranienne ne se limiterait pas aux menaces militaires. Elle s’exercerait aussi, selon ses investigations, à travers des réseaux d’influence implantés en France. Razavi pointe notamment le rôle de l’ambassade iranienne à Paris et de structures associatives participant à l’organisation de conférences, de rencontres culturelles et d’événements universitaires. Parmi les personnalités citées figure Alireza Khalili, directeur de cabinet de l’ambassadeur iranien et président du Centre franco-iranien, dont les activités sont présentées par le journaliste comme participant à cette stratégie d’influence.
Dans son entretien au Diplomate, Razavi décrivait les méthodes attribuées à la force Al-Qods : « L’espionnage pour tout connaître de ses adversaires et de ses amis, l’influence pour façonner les opinions publiques, et la violence armée pour déstabiliser les états qu’elle juge hostiles à l’Iran. »
La vidéo diffusée cette semaine donne une traduction visuelle de cette logique : afficher une capacité de nuisance militaire tout en encourageant la contestation intérieure dans les pays européens. Une guerre hybride dans laquelle, selon les avertissements de Razavi, la France apparaît comme l’une des principales cibles de Téhéran.
