- i24NEWS
- Israël en guerre
- À deux jours des élections, Netanyahou et le chef d'état-major s’opposent sur une action contre l’Iran
À deux jours des élections, Netanyahou et le chef d'état-major s’opposent sur une action contre l’Iran
L’échelon politique aurait transmis ces derniers jours à l’armée des instructions susceptibles d’entraîner une confrontation directe avec Téhéran


Une vive confrontation aurait opposé ces dernières heures Benjamin Netanyahou au chef d’état-major Eyal Zamir au sujet d’une éventuelle action israélienne contre l’Iran, à deux jours des élections législatives.
Selon des informations diffusées par N12, l’échelon politique aurait transmis ces derniers jours à l’armée des instructions susceptibles d’entraîner une confrontation directe avec Téhéran. Eyal Zamir aurait toutefois demandé qu’une discussion approfondie soit organisée avant toute mise en œuvre et exigé que les directives lui soient transmises de manière formelle et signée.
Au sein de l’appareil sécuritaire, certains responsables redouteraient qu’une telle initiative ne provoque une escalade rapide avec l’Iran dans un contexte particulièrement sensible. Une source citée par la chaîne aurait évoqué le risque d’un affrontement de courte durée mais intense en cas d’erreur d’appréciation.
Les divergences entre le Premier ministre et le chef d’état-major se seraient également manifestées ce dimanche lors d’une réunion sécuritaire, dont plusieurs participants ont décrit l’atmosphère comme particulièrement tendue.
D’après N12, certains responsables militaires craignent que la question iranienne ne soit influencée par le calendrier électoral. L’état-major chercherait ainsi à s’assurer que toute décision ayant des conséquences régionales majeures repose exclusivement sur des considérations opérationnelles et sécuritaires, et ne soit aucune motivée par des considérations électoralistes.
Les tensions entre les deux échelons seraient désormais suffisamment fortes pour qu’un haut responsable de la sécurité cité par la chaîne affirme : « L’histoire n’oubliera pas le rôle joué par Zamir ces derniers jours. »
Gadi Eisenkot et Avigdor Lieberman ont vivement réagi aux informations faisant état d’un désaccord entre Benjamin Netanyahou et le chef d’état-major Eyal Zamir au sujet d’une éventuelle action militaire susceptible d’entraîner une escalade avec l’Iran.
Le président de Yashar, Gadi Eisenkot, a accusé le Premier ministre de faire entrer des considérations politiques dans les décisions de sécurité, à deux jours des élections. « Netanyahou, je vous surveille », a-t-il écrit sur X, avant d’ajouter que « la sécurité d’Israël n’est pas un outil politique » et que « la vie des citoyens israéliens et des soldats de Tsahal n’est pas vaine ».
Eisenkot a également reproché à Netanyahou de ne pas avoir tiré les leçons du 7 octobre, affirmant que « l’État d’Israël n’est pas sa propriété privée ».
Avigdor Lieberman, président d’Israel Beytenou, a tenu des propos encore plus sévères. Il a affirmé être convaincu que Netanyahou cherchait à provoquer une intervention militaire afin d’empêcher la tenue du scrutin.
« Comme je l’ai dit il y a quelques semaines, je suis convaincu que Bibi tente par la force d’entraîner Israël dans une intervention militaire afin d’empêcher la tenue des élections », a écrit Lieberman, qualifiant un tel comportement de « trahison envers le pays et sa sécurité ».