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En Israël, les recrutements liés à l’Iran ravivent l’inquiétude sur l’espionnage intérieur
Derrière des tâches parfois présentées comme banales, les services iraniens chercheraient à transformer des citoyens israéliens en sources de renseignement.


La dernière mise en accusation pour espionnage présumé au profit de l'Iran ne peut pas être reléguée au rang de simple fait divers sécuritaire. Dans un pays déjà confronté à de multiples menaces, cette affaire alerte sur la vulnérabilité du front intérieur face aux nombreuses tentatives de recrutement menées par des puissances hostiles.
Un civil et trois soldats ont été inculpés vendredi. Ils sont soupçonnés d'avoir été en contact avec des agents du renseignement iranien et d'avoir effectué, avant leur enrôlement, des missions à caractère sécuritaire à leur demande.
Selon les autorités, les suspects auraient photographié des lieux publics et sensibles en Israël, notamment des gares, des centres commerciaux, des caméras de sécurité et l'école technique de l'armée de l'air israélienne. Ils auraient également été sollicités pour acheter des armes.
Cette demande d'achat d'armes donne à l'affaire une dimension particulièrement grave. Mais le reste du dossier est déjà préoccupant. L'espionnage ne se limite pas aux documents classifiés, aux réunions secrètes ou à l'accès direct aux informations militaires. Il peut aussi consister à transformer des lieux ordinaires en données exploitables par un service ennemi.
Une gare, une rue, une école, un quartier ou une caméra de surveillance ne sont pas de simples éléments du quotidien. Dans les mains d'un service de renseignement hostile, ces informations peuvent devenir des pièces d'un dispositif beaucoup plus large.
Le Shin Bet, la police, l'unité Lahav 433, la police militaire et les procureurs ont, à plusieurs reprises, révélé et poursuivi des cas présumés de recrutement liés à l'Iran.
Les affaires précédentes ont mis en lumière un schéma récurrent : des prises de contact sur Telegram, des offres floues de « travail » rémunéré, des paiements en cryptomonnaies, des demandes de photographies, puis des missions qui peuvent d'abord sembler mineures avant de devenir beaucoup plus graves.
Les Israéliens, en particulier les adolescents et les jeunes adultes, très exposés aux échanges en ligne, doivent apprendre à reconnaître ces méthodes de recrutement avant même de recevoir le premier message. Les écoles, les programmes de préparation à l'armée et les médias ont un rôle à jouer pour expliquer ces mécanismes.
Les tentatives iraniennes de recrutement semblent toujours exploiter des fragilités ordinaires : difficultés financières, isolement en ligne, imprudence, ressentiment ou conviction qu'une petite mission ne porte pas vraiment à conséquence.